Au Cameroun, Canyon Resources a annoncé un investissement de 28 millions de dollars (environ 17,3 milliards FCFA) pour la construction d’un terminal minéralier de 160 000 tonnes au Port autonome de Douala. Selon le rapport de faisabilité publié par la compagnie minière australienne, ce montant représente 6,21 % du budget global pour lancer l’exploitation du gisement de bauxite de Minim-Martap, estimé à 446 millions de dollars (environ 275,8 milliards FCFA). La parcelle de 6,5 hectares destinée au terminal avait déjà été réservée en avril 2025 après validation par le PAD. « Tout ce que nous faisons, c’est d’augmenter la capacité de stockage à 160 000 tonnes », a déclaré Peter Secker, Directeur général de Canyon, ajoutant que le chargement offshore sera assuré par des services de barge contractuels, une solution jugée plus rentable car elle évite à l’entreprise de supporter un investissement initial lourd dans de nouvelles infrastructures portuaires.
Le projet de bauxite de Minim-Martap, développé par Camalco SA, filiale à 100 % de Canyon, repose désormais sur des réserves prouvées de 144 millions de tonnes de bauxite DSO, en hausse de 33 % par rapport à la précédente estimation de 99 millions de tonnes, selon les chiffres publiés par la société. À long terme, les ressources globales dépassent un milliard de tonnes avec une teneur moyenne de 51,2 % d’alumine et moins de 1,7 % de silice. L’objectif de production est fixé à 1,2 million de tonnes dès la première année (2026), avant une montée en puissance vers 10 millions de tonnes par an, grâce notamment au corridor ferroviaire reliant la mine au port de Douala. Sollicité par nos soins pour confirmer la capacité de stockage annoncée et l’éventuel lancement des travaux, le Port autonome de Douala n’a pas donné suite.
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Parallèlement au terminal minéralier, Canyon envisage d’accroître sa participation dans Camrail, où elle détient déjà une part minoritaire (9%), afin de sécuriser l’évacuation de la bauxite par rail. L’entreprise a accepté de financer une partie de la mise à niveau du chemin de fer à hauteur de 56 millions $ (soit 31,2 milliards FCFA). Des fonds qui, d’après l’entreprise, seront remboursés par compensation sur les redevances ou autres frais. Pour encadrer ce mécanisme, un comité interministériel regroupant les ministères des Mines, des Finances, des Transports et de l’Économie, aux côtés de Camrail et Camalco, a été mis sur pied.
Pour l’État, le projet implique l’octroi gratuit de 10 % du capital de la société de coentreprise à vocation spéciale, conformément au Code minier. Le PAD voit, de son côté, se développer un terminal spécialisé, susceptible de générer de nouveaux revenus liés au trafic minéralier. Pour Canyon, l’investissement dans les infrastructures vise à réduire les coûts logistiques et à sécuriser les exportations dans un marché mondial dominé par la Chine. En revanche, l’absence de transformation locale de la bauxite limite les retombées économiques domestiques, qui se concentreront sur les recettes fiscales et les infrastructures de transport. Les études de faisabilité pour une usine d’alumine prévues courant 2026 après le début de l’exploitation.
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