Le Cameroun a réduit ses dépenses d’importation de carburants et lubrifiants de 19,1 % au cours de l’exercice 2025, pour s’établir à 788,4 milliards FCFA contre 974 milliards FCFA l'année précédente. Soit une baisse de l’ordre de 187 milliards FCFA. Selon les dernières données de l'Institut national de la statistique (INS), cette contraction de la facture survient dans un contexte paradoxal de hausse de la consommation intérieure. « La balance commerciale bénéficie ici d'un effet d'aubaine sur les cours mondiaux du raffinage », commente un analyste financier à Douala, soulignant que cette performance soulage les réserves de change malgré une dépendance accrue aux marchés extérieurs.
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Cette dynamique s'explique par une chute brutale des prix unitaires à l'importation, qui ont dégringolé de 26,6 %, passant de 531 646 FCFA la tonne en 2024 à 389 917 FCFA en 2025. Si le rapport de l'INS ne détaille pas les causes endogènes, la tendance globale du marché pétrolier en 2025 indique un resserrement des marges de raffinage au niveau international. Le Cameroun a ainsi pu importer 2,02 millions de tonnes de produits finis, soit un volume en progression de 10,4 % sur un an (1,8 millions de tonnes), tout en décaissant moins de liquidités. Ce pilotage des flux, sous la coordination de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) et de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), a permis de garantir l'approvisionnement du triangle national sans aggraver le déficit budgétaire lié aux subventions à la pompe.
Sur le plan macroéconomique, cette baisse de 185,6 milliards FCFA de la facture énergétique offre une bouffée d'oxygène aux finances publiques, limitant le creusement du déficit commercial global qui atteint tout de même 2 145 milliards FCFA en 2025. Toutefois, ces chiffres révèlent un contraste structurel frappant : le pays continue d'exporter son pétrole brut (2,5 millions de tonnes) à des prix en baisse de 29,6 %, pour réimporter massivement des produits raffinés. Pour l'État, le gain réalisé sur les importations ne compense qu'en partie la perte de revenus sur les exportations de brut, mettant en exergue la vulnérabilité du modèle face à la volatilité des cours mondiaux et à l'absence de transformation locale significative.
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Historiquement, la facture pétrolière du Cameroun est restée le premier poste de dépense à l'importation depuis l'incendie de la Sonara en 2019. Si l'exercice 2025 marque une rupture avec la tendance inflationniste des années post-Covid, les perspectives restent tributaires de la capacité du pays à réduire sa dépendance aux produits finis. Alors que les volumes importés franchissent la barre symbolique des 2 millions de tonnes, la question de la souveraineté énergétique demeure entière face à un marché international imprévisible avec des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

