Les projections de levées de fonds des valeurs du Trésor de la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (Cemac) sont désormais plus claires. Selon le calendrier prévisionnel consulté par EcoMatin, cinq Trésors nationaux projettent de lever une somme globale de 552,5 milliards de Fcfa durant le mois de février en cours. À l’exception de la Guinée Équatoriale, ce sont donc le Gabon, le Congo, le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine (RCA) qui sont activement présents sur le marché des titres publics de la Beac depuis le 1er février.
Le Gabon, est le pays qui recherche le plus de financement sur ce marché. Le pays de Brice Clotaire Oligui Nguema prévoit de lever un montant total de 290 milliards de Fcfa. Libreville a déjà amorcé cette dynamique avec une émission par syndication domestique d’une première tranche de 55 milliards de Fcfa. L’opération, clôturée le 5 février dernier, a été réalisée à travers deux nouvelles émissions d’Obligations du Trésor Assimilables (OTA) à 3 ans de maturité (5,75 %) et à 4 ans de maturité (6 %), ainsi que des abondements sur des OTA existantes, couvrant des maturités de 2, 3, 4, 5, 7 et 10 ans. Selon nos informations, une partie des fonds, soit 30 milliards de Fcfa, a été spécifiquement dédiée au rachat d’OTA arrivant à échéance.
Le Congo, pour sa part, projette de lever 160 milliards de Fcfa, dont 75 milliards de Fcfa en OTA et 85 milliards de Fcfa en Bons du Trésor Assimilables (BTA). Le Cameroun, première économie de la sous-région, vise une collecte de 65 milliards de Fcfa, dont 35 milliards de Fcfa à travers des titres à long terme et 30 milliards de Fcfa en titres à court terme. Moins optimistes en février, le Tchad et la RCA prévoient de lever respectivement 30 milliards de Fcfa et 7,5 milliards de Fcfa.
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Ces levées de fonds s’annoncent comme un défi majeur pour les États concernés. En effet, les conditions d’emprunt sur le marché monétaire se sont durcies en raison de l’adoption d’une politique monétaire plus restrictive par la Banque centrale, visant à contenir l’inflation croissante. De plus, la révision des taux de pondération des prêts par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), qui peut atteindre 100% pour certains pays, ajoute une couche d'incertitude sur la capacité des Trésors publics à atteindre leurs objectifs de collecte. Si cette mesure persiste, elle pourrait compromettre l'exécution des budgets nationaux, à moins que le régulateur ne revienne sur sa décision.

