Deux ans et demi après avoir institué un dispositif de médiation financière, le Congo passe à sa mise en œuvre. Le Comité national économique et financier (CNEF) vient de lancer le recrutement de deux médiateurs chargés de faciliter le règlement des litiges entre les banques, les établissements de microfinance et leurs clients. L'appel à candidatures, publié le 2 novembre 2026, intervient une semaine après le lancement officiel, au Gabon, du premier mécanisme de médiation financière opérationnel de la CEMAC.
Signé le 29 octobre par le secrétaire général du CNEF, Serge Dino Daniel Gassackys, l'avis porte sur le recrutement d'un médiateur titulaire et d'un suppléant pour la branche des établissements de crédit et de microfinance. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 30 novembre. Les personnes retenues exerceront un mandat de trois ans, renouvelable une fois, avec pour mission de rechercher des solutions amiables aux différends opposant les établissements financiers à leur clientèle.
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Concrètement, ce mécanisme doit offrir aux clients une voie de recours gratuite lorsqu'un désaccord avec leur banque ou leur établissement de microfinance ne trouve pas de solution. Contestations de frais, opérations bancaires litigieuses ou différends liés aux crédits figurent parmi les situations susceptibles de relever d'une telle médiation, sous réserve des conditions de saisine prévues par les textes. Le médiateur interviendra en toute indépendance et dans la confidentialité, sans pouvoir imposer de décision aux parties.
Le recrutement obéit à une procédure encadrée. Après l'examen des candidatures, le CNEF établira une liste de trois profils éligibles pour chaque fonction. Celle-ci sera soumise à l'approbation de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (COBAC), avant la nomination définitive par arrêté de l'Autorité monétaire. Les candidats doivent notamment justifier d'un diplôme de niveau master et de cinq années d'expérience professionnelle pertinente, ou d'une licence assortie de dix années d'expérience.
Le Gabon a pris de l'avance
Le Congo avait pourtant posé les bases juridiques de ce mécanisme dès le 28 février 2024, à travers le décret n° 2024-86, complété par un arrêté du 26 novembre de la même année. Il aura donc fallu près de 32 mois pour engager le recrutement des médiateurs. L'avis ne précise pas les raisons de ce délai. Chez son voisin gabonais, le dispositif a franchi plusieurs étapes. Créé par décret en mars 2024, il a été doté d'un médiateur financier, Axcèle Saturnin Kissangou-Mouele, dont la nomination a été publiée en juin 2026. Le mécanisme a été officiellement lancé le 26 octobre à Libreville, en présence du gouverneur de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, et de responsables des institutions financières régionales.
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Cette avancée fait du Gabon le premier pays de la CEMAC à avoir officiellement rendu opérationnel un tel dispositif, selon les informations communiquées lors de son lancement. Le Congo, lui, n'en est encore qu'à la sélection des médiateurs. Leur entrée en fonction dépendra notamment de l'approbation de la COBAC. La médiation financière répond à une exigence communautaire. Le règlement CEMAC n° 03/2019 confie aux Comités nationaux économiques et financiers un rôle dans l'organisation de ce mécanisme, destiné à améliorer la protection des consommateurs de services financiers. Il complète les règles régionales encadrant le traitement des réclamations par les établissements bancaires.









