La pression observée sur les réserves de change de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) en 2023, qui les a fait reculer en mois d’importations de biens et services à 4,8 mois contre 4,95 l’année précédente, s’est accentuée au cours des trois derniers trimestres. D’après la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), les 6 pays qui forment cet espace communautaire devraient terminer l’année 2024 avec un volume de leurs réserves de change en diminution de 5% ; un repli plus prononcé par rapport à la baisse de 2,7% du taux de couverture extérieure de la monnaie projetée à la fin de cette année. En valeur absolue, ces avoirs devraient se situer aux alentours de 6539 milliards Fcfa, contre 6 698,85 milliards Fcfa au 31 décembre 2023. Pour une deuxième année consécutive donc, le niveau des réserves de change va connaître un repli, mais celui-ci ne constitue pas une menace immédiate sur les capacités de la sous-région à continuer d’importer. D’autant que le volume projeté correspond à un taux de couverture extérieure de la monnaie de 69,2%, contre 74,8% en décembre 2023. Ce volume de réserves permettrait par ailleurs à la zone Cemac d’assurer 4,5 mois d’importations des biens et services, contre 4,8 mois l’an dernier.
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La zone Cemac garde donc une marge de Manœuvre importante en matière d’importation dans la mesure, loin des niveaux critiques de 2017 et 2016 où ces avoirs extérieurs nets ne représentaient que 2,7 et 2,3 mois d’importations, respectivement. Cependant, cette situation alerte sur l’urgence de rééquilibrer les échanges et resserrer la vis en ce qui concerne l’application de la règlementation des changes en vigueur, adoptée en 2018. Il faut que, c’est la mise en application des dispositions de ce texte entré en vigueur dès le 1er janvier 2019 qui a permis, malgré l’enchainement des crises, d’écarter toute hypothèse de dévaluation du Fcfa, à travers le renforcement notable des réserves de change. Celles-ci sont ainsi passées de 3 218,38 milliards Fcfa en 2017 à 6 698,85 milliards Fcfa au 31 décembre 2023, soit une hausse de +108,1% en valeur relative. Sur la même période, le taux de couverture extérieure de la monnaie a progressé de 57,51% à 69,86% (+12,35 points).
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Lors d’une rencontre avec les leaders du Syndicat des industriels du Cameroun (Syndustricam), le 28 mars 2024 à Douala, le directeur national de la Beac pour le Cameroun, Pierre-Emmanuel Nkoa Ayissi, avait expliqué que la nouvelle réglementation a également permis, entre autres retombées positives, de sécuriser les recettes fiscales des Etats grâces aux contrôles réguliers effectués par la banque centrale afin de s’assurer de l’acquittement des impôts dûs sur toute opération avec l’étranger. Les bénéfices tirés du nouveau dispositif règlementaire se traduisent également par une augmentation des sorties de devises de la zone Cemac, qui sont passées de 2 816,53 milliards Fcfa en 2018 à 12 707,61 milliards Fcfa en 2023. Parallèlement, les rétrocessions de devises de la zone Cemac ont bondi, passant de 3 277,85 milliards Fcfa en 2018 à 11 962,361 milliards Fcfa en 2023. L’on note en outre l’ouverture d’une cinquantaine de comptes en faveur des entreprises du secteur extractif logés dans les banques commerciales de la zone dans 05 devises différentes (euros, dollars américains et canadiens, yuan et livres sterling).

