Un an après avoir repris ses opérations d’injection de liquidité dans le circuit bancaire de la CEMAC, la BEAC franchit un nouveau cap : trois offres successives de 600 milliards FCFA chacune, réalisées en moins d’un mois. Une première depuis juin 2024, lorsque la banque centrale avait brièvement ouvert les vannes du crédit interbancaire avant de resserrer sa politique monétaire via la multiplication des opérations de ponctionnement, par lesquelles elle retire temporairement les excédents de liquidité des banques pour freiner l’expansion du crédit et contenir les pressions inflationnistes.
Le cycle actuel a en effet démarré le 29 juillet avec une injection de 600 milliards FCFA face à des besoins exprimés à hauteur de 703 milliards FCFA, soit un taux de souscription de 117,17%, pour un taux d’intérêt de 4,5%. La deuxième opération, le 5 août, portait également sur 600 milliards FCFA au même taux d’intérêt, mais pour des besoins plus modestes se situant à 415 milliards FCFA, soit une souscription de 69,17%. La dernière opération en date, lancée le 12 août pour une offre de 600 milliards FCFA également au taux de 4,5%, devrait livrer son verdict dans les jours qui viennent.
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Cette intensification des offres de liquidité, dont la maturité n’excède pas sept jours, s’explique par l’essor des demandes des banques commerciales qui font preuve d’un appétit croissant depuis l’ouverture du second semestre. Dès le 8 juillet, par exemple, la BEAC proposait 400 milliards FCFA, alors que les besoins atteignaient 538 milliards FCFA. Le 15 juillet, l’offre a été portée à 430 milliards FCFA, mais les demandes ont grimpé à 639 milliards FCFA. Enfin, le 22 juillet, les besoins formulés s’élevaient à 676 milliards FCFA pour une offre de 520 milliards FCFA, justifiant la montée en puissance des interventions de la banque centrale qui cadrent avec l’assouplissement de la politique monétaire initié depuis la fin du premier trimestre.
Un équilibre fragile entre relance et vigilance
Le revirement s’est en effet opéré le 24 mars 2025, lorsque le Comité de politique monétaire décide de baisser, pour la première fois en plus de deux ans, ses principaux taux directeurs. Ainsi, le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) est passé de 5% à 4,5%, et le taux de facilité de prêt marginal de 6,75% à 6%. Cette mesure s’explique par la décélération de l’inflation, attendue à 2,9% en 2025 contre 4,1% en 2024, et par des réserves de change jugées confortables (7 584,9 milliards FCFA attendus, pour un taux de couverture extérieure de 76,1%).
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Pour autant, la BEAC reste prudente : la dépendance aux importations, la volatilité des matières premières et les déséquilibres budgétaires des États membres constituent toujours des facteurs de risque. D’où la nécessité d’accélérer l’industrialisation et la diversification économique pour réduire la vulnérabilité de la sous-région aux chocs externes.

