La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a injecté 650 milliards FCFA, soit près d’un milliard d’euros, dans le système bancaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) le 30 septembre. Il s’agit de son opération de refinancement hebdomadaire la plus importante depuis juin 2024. Seize banques ont pris part à l’adjudication, exprimant des besoins de 739 milliards FCFA. Avec un taux de souscription de 113,7%, cette opération illustre la pression croissante qui pèse sur le financement bancaire régional.
Depuis l’ouverture du second semestre, la demande des établissements de crédit ne cesse en effet de croître. En septembre seulement, le volume mis en adjudication est passé de 550 à 650 milliards FCFA en trois semaines, tandis que la demande cumulée a dépassé les 3 100 milliards FCFA en un mois. Le taux d’intérêt des appels d’offres reste fixé à 4,5%, pour une maturité maximale de sept jours, ce qui permet aux banques de trouver des ressources à court terme. La réunion du Comité de politique monétaire (CPM), le 29 septembre, a confirmé cette orientation. Les principaux taux directeurs demeurent inchangés : 4,5% pour le taux des appels d’offres, 6% pour la facilité de prêt marginal, et un coefficient de réserves obligatoires fixé à 7% pour les dépôts à vue et 4,5% pour les dépôts à terme.
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Ce statu quo traduit la volonté de la Banque centrale de préserver la stabilité monétaire. Deux paramètres sont mis en avant : le reflux de l’inflation, attendue à 2,5% en 2025 après 4,1% en 2024 et 5,6% en 2023, et le maintien de réserves de change jugées confortables, évaluées à 7 101,7 milliards FCFA, soit 4,6 mois d’importations de biens et services. Cette prudence se fait toutefois au prix d’une croissance économique atone. Le PIB régional devrait progresser de seulement 2,6% en 2025, contre 2,7% en 2024, loin des 6,3% prévus dans l’UEMOA. En zone CEMAC, le ralentissement est principalement imputable au recul de la production pétrolière et gazière, en baisse de 1,5% cette année après un repli de 0,4% en 2024, conséquence du vieillissement des gisements au Cameroun, au Gabon et en Guinée équatoriale, aggravée par l’absence d’investissements dans de nouveaux projets.
En théorie, un nouvel assouplissement monétaire aurait permis de réduire le coût du crédit, d’encourager la consommation et d’attirer davantage d’investissements privés. Mais la BEAC privilégie la discipline et la préservation du régime de change fixe avec l’euro. Le relèvement progressif du plafond des injections hebdomadaires courant septembre, traduit cet équilibre recherché : répondre partiellement à la soif de liquidités des banques, tout en maintenant la stabilité financière comme boussole principale.

