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Cemac : le FMI plaide pour que la Beac durcisse davantage sa politique monétaire

Afin de contenir l’inflation, attendue à 4,5% en moyenne annuelle, bien au-dessus du seuil communautaire de 3%, le FMI préconise la poursuite de la rigueur monétaire en zone Cemac. Cette orientation fait écho à une posture déjà adoptée par la banque centrale, qui privilégie la prudence malgré une croissance prévue à 3,2% cette année, afin de préserver la stabilité macroéconomique et éviter tout relâchement prématuré.

Publiée vendredi 28 février 2025 à 10:13:45Modifiée vendredi 28 février 2025 à 10:52:24Temps de lecture 3 minPar Arthur WANDJI

Le FMI
Le Fonds Monétaire International scrute la situation économique du Sénégal, Libéria, Soudan et Tunisie

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les entretiens annuels concernant les politiques communes de la Cemac et les politiques communes à l’appui des programmes de réformes des pays membres. Dans son communiqué y relatif, le Fonds recommande à la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) de maintenir une politique monétaire stricte en 2025. L’institution financière internationale estime que la banque centrale ne devrait envisager une réduction de ses taux d’intérêt que lorsque des signes tangibles indiqueront que l’inflation se rapproche du critère de convergence régionale de 3% et que les risques pesant sur la stabilité extérieure se sont atténués.

Cette position de l’institution de Bretton Woods s’explique par les tensions inflationnistes persistantes dans la zone Cemac qui regroupe le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée-Équatoriale, la RCA et le Tchad. Selon le FMI, malgré une amélioration des perspectives de croissance, l’inflation demeure élevée et pourrait compromettre les équilibres macroéconomiques régionaux. L’institution pointe notamment la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants, la vulnérabilité des économies locales, fortement dépendantes des matières premières ainsi que la fragilité des réserves de changes. Une analyse partagée par la Beac elle-même.

Lire aussi : Cemac : pourquoi la Beac devrait maintenir le cap de la rigueur monétaire

Dans son dernier rapport sur la politique monétaire, la banque centrale prévoit une croissance de 3,2% en 2025 dans la sous-région, en hausse par rapport aux 2,7% de 2024. Toutefois, elle met en garde contre une inflation attendue à 4,5% en moyenne annuelle, bien au-dessus du seuil communautaire de 3%. « Tant que les pressions inflationnistes resteront supérieures à la norme communautaire de 3%, que les avoirs extérieurs demeureront en dessous des objectifs fixés, et que les finances publiques continueront de se détériorer, notamment avec des dérives budgétaires, la politique monétaire de la Beac conservera son orientation restrictive », déclarait le gouverneur de l’institution sous-régionale Yvon Sana Bangui lors de la dernière réunion de son Comité de Politique Monétaire en décembre 2024.

Concrètement, cette politique monétaire stricte repose sur plusieurs leviers. La Beac maintient des taux directeurs élevés pour limiter l’accès au crédit et maîtriser la masse monétaire en circulation. Actuellement, le taux d’intérêt des appels d’offres est fixé à 5%, tandis que le taux de facilité de prêt marginal s’établit à 6,75%. La banque centrale poursuit également ses opérations de ponction de liquidités pour éviter une surchauffe inflationniste. En parallèle, elle mène des actions visant à renforcer la solidité du système bancaire sous-régional, à travers notamment des injections de la liquidité dans le circuit, quand elle le juge nécessaire.

Si cette stratégie vise à stabiliser les prix et à protéger les réserves extérieures, elle suscite des inquiétudes quant à son impact sur le financement de l’économie. Le maintien de taux directeurs élevés limite l’accès au crédit, ce qui pénalise particulièrement les Petites et Moyennes Entreprises (PME), moteurs essentiels de la diversification économique.

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