Après un excédent budgétaire de 1 770,9 milliards FCFA en 2022 et de 499,4 milliards FCFA en 2023, les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont clôturé l’exercice 2024 avec un déficit. Selon le rapport annuel de la BEAC, la banque centrale de la sous-région, le déficit budgétaire global s’est établi à -358,5 milliards FCFA. L'institution attribue cette détérioration à une dynamique déséquilibrée entre les dépenses et les recettes des finances publiques. En effet, les dépenses se sont établies à 14 064,9milliards FCFA en hausse de 1 190,2 milliards FCFA (+9,2%) alors que les recettes et dons ont augmenté de 332,2 milliards FCFA à 13 70,3 milliards FCFA en 2024 (+2,4%).
Les ressources de États de la CEMAC ont principalement été affectées par la chute des recettes pétrolières de 18,2% à 4 776,2milliards FCFA en 2024, généralement attribuée à la chute du prix du baril de pétrole sur le marché international. « En 2024, la baisse des cours de plusieurs produits d’exportation de la CEMAC, notamment le gaz naturel, le bois et le coton, a eu des répercussions sur la gestion des finances publiques, entraînant une détérioration de la situation budgétaire de la région. Le solde budgétaire global, base engagements et dons compris, est devenu déficitaire de0,5 % du PIB en 2024, après un excédent de 0,7 % en 2023 », explique la BEAC.
Le Cameroun a par exemple enregistré une baisse de 21,5% de ses recettes pétrolières, s’établissant à 688,7 milliards FCFA, soit 14,4% de l’enveloppe communautaire. Cependant, les États de la CEMAC ont enregistré une embellie au niveau des autres poches de recettes : les recettes non-pétrolières ont atteint 8 507 milliards FCFA (+19,6%), les recettes fiscales 7 597,4 milliards FCFA (+15,7%) et les recettes non-fiscales 909,5milliards FCFA (+66,2%).
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En revanche, tous les postes de dépenses ont connu une hausse en 2024. Les salaires et traitements ont augmenté passant de 3477,1milliards FCFA en 2023 à 3 787,7 milliards en 2024. Le Cameroun seul a réalisé une masse salariale de 1 522,8 milliards FCFA (+12,2 %) selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2026-2028. Ce montant représente 40,2% des salaires de la CEMAC au cours de l’exercice 2024. Les dépenses de biens et les services ont bondi à 2 743,4 milliards FCFA (+7,7%). Les transferts et subventions se sont établis à 2 942,3 milliards FCFA (+13,5%) tandis que les intérêts cumulés sur la dette extérieure et intérieure des Etats ont atteint 1 320,2 milliards FCFA (+10,3%).
Du reste, la BEAC précise que tous les pays de la Zone, à l’exception du Tchad, ont vu leur situation budgétaire se dégrader. Le Congo est resté le seul pays à afficher un excédent budgétaire, base engagements, dons compris (+ 4,8 % du PIB en 2024, après + 5,6 % en 2023).Pour les autres pays, les soldes budgétaires sont ressortis comme suit :Cameroun (- 1,8 %), République Centrafricaine(- 4,2 %), Gabon (- 1 % ), Guinée- Équatoriale (- 0,5 % ) et Tchad (- 0,2 %). À noter que les recettes pétrolières ont représenté 36 % des recettes totales de la CEMAC en 2024. Une dépendance que la chute des cours du brut vient à nouveau mettre en lumière, rappelant l’urgence pour les États de diversifier davantage leurs sources de revenus.
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