L'inflation dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) s'est établie à 1,4% au premier trimestre 2026, contre 4,0% un an plus tôt à la même période. C'est ce que révèle le rapport de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC). Rapport relatif à « l'Evaluation de l'inflation à fin mars 2026 et Perspectives à moyen terme ». En glissement annuel, l'indice des prix ressort à 1%, en légère progression par rapport aux 0,6% enregistrés en décembre 2025.
La Banque centrale attribue cette dynamique à plusieurs facteurs, notamment la baisse des prix mondiaux de l'énergie et des produits alimentaires jusqu'en février 2026. Ajouté à cela, « les bonnes campagnes agricoles au Cameroun et au Tchad conjuguées avec le maintien des mesures de lutte contre la vie chère et la poursuite du gel des prix à la pompe dans la plupart des pays de la CEMAC », peut-on lire dans le document de la BEAC.
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A l’échelle sous-régionale, le Cameroun, de par son poids démographique et économique avec 52 % de la consommation globale de l'Union, selon la BEAC, demeure le principal foyer d'inflation résiduelle. Sa contribution à l'indice des prix de la CEMAC s'élève à +110,8 points. Les pressions y restent alimentées par une consommation privée portée par d'importants revenus issus des filières agricoles d'exportation comme le cacao. Il est suivi de la Guinée équatoriale (17,0 points), de la République Centrafricaine (9,7 points), du Congo (5,3 points) et du Gabon (4,3 points). Seul le Tchad ( -47,1 points) tire l'inflation régionale vers le bas, traduisant une baisse locale des prix.
Comparée à ses principaux partenaires, la CEMAC affiche des différentiels d'inflation contrastés au premier trimestre 2026. Ils se sont dégradés face à l'UEMOA (+0,5 point, contre -0,7 point un an plus tôt) et face à la Chine (+0,9 point, contre +4,0 points). En revanche, la sous-région conserve des positions favorables face au Nigeria (-16,9 points, après -26,9 points), aux Etats-Unis (-2,4 points, contre +2,1 points) et à la zone Euro (-0,8 point, contre +1,8 point).
Précisons que ce recul de l’inflation intervient dans un contexte où la BEAC a amélioré la politique monétaire dans la CEMAC. Le 29 juin dernier, le Comité politique et monétaire a abaissé son taux directeur à 4,50%, réduit les réserves obligataires et maintenu la facilité de dépôt à zéro. Une mesure qui vise à relancer l'économie et à soutenir le crédit bancaire dans la sous-région. La Banque centrale a alors révisé sa projection d'inflation à 2,4% en moyenne annuelle pour 2026, tout en maintenant ses perspectives de moyen terme, soit à 3,0% en 2027, avant un reflux à 2,7% en 2028.

