En République centrafricaine, la délivrance des titres pétroliers a permis à l’Etat de percevoir des taxes superficiaires pour près de 160 milliards de Fcfa par an depuis 2016, soit un total de 1, 127 milliard Fcfa au 31 décembre 2023. C’est ce qu’indiquait le président de la République, Faustin Archange Touadera, dans son discours sur l’état de la nation, le 28 décembre dernier. Le chef de l’Etat s’est gardé de faire de nouvelles annonces quant au début effectif de l’exploitation du pétrole dans le pays. Il fait preuve d’une extrême prudence après l’échec de son gouvernement de faire démarrer le forage du pétrole de Boromata en 2023, alors que celui-ci soutenait en décembre 2022 que toutes les conditions étaient réunies. C’est que, cette zone pétrolifère située non loin de la ville de Birao, dans la région de la Vakaga frontalière avec le Soudan, qui n’avait jamais véritablement retrouvé sa stabilité malgré les opérations de désarmement, de démobilisation et de réinsertion menées par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) et la présence des forces armées centrafricaines appuyée par les paramilitaires russes de Wagner.
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La situation dans le nord-est de la Centrafrique, en général, s’est compliquée au cours des derniers mois, avec un regain de violences qui serait en partie lié à la guerre au Soudan voisin. Cette nouvelle montée de l’insécurité compromet énormément le projet du gouvernement centrafricain de passer enfin à l’exploitation du pétrole et générer des ressources additionnelles pour financer le développement de la Centrafrique. Début 2023, les sociétés chinoises PTAS et Petial, qui ont décroché des permis d’exploitation sur le champ de Boromata sur lequel les américains ExxonMobil et Continental Oil and Transportation Company (Conoco) ont opéré au milieu des années 1980, avaient commencé à s’installer à Birao. Elles avaient ensuite décampé sans crier gare 5 mois après, en mai, faute d’avoir obtenu des garanties sécuritaires de la part du gouvernement de Faustin Archange Touadera.
Le ministre des Mines et de la Géologie, Rufin Benam Beltoungou, lui, semble pourtant ne pas admettre que les conditions ne sont pas réunies pour les activités pétrolières. « Nous avons eu des réunions avec les responsables de ces deux sociétés, ainsi qu'avec les responsables de l'ambassade de Chine. Ces derniers ont sollicité des garanties de notre part ; garanties que nous avons offertes et aujourd'hui, nous allons travailler du point de vue technique non seulement sur l'installation du site mais aussi sur les activités qui vont être menées dans la préfecture de la Vakaga », expliquait-il à la chaine allemande Deutsche Welle, en juillet 2023. En janvier 2011, l’ancien président François Bozizé avait déjà échoué à lancer l’exploitation du pétrole centrafricain avec le chinois China National Petroleum Corporation. Plus loin, en 2000, son prédécesseur Ange-Félix Patassé avait passé des accords avec RSM Petroleum du milliardaire américain Denver Jack Grynberg pour le forage du pétrole. Ce projet a lui aussi fait chou blanc.

