Du 26 au 29 mars 2026, le Cameroun accueillera la 14e Conférence ministérielle (CM14) de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). L’un des enjeux de cette réunion réside sur la réforme de cette institution vieille de 31 ans, jugée indispensable pour l’adapter aux nouvelles réalités du commerce mondial. Cependant, alors qu’une proposition de réforme portée par la Norvège devait servir de socle aux discussions, les États-Unis ont officiellement exprimé leur désaccord. En effet, l'ambassadeur américain auprès de l'OMC a confié à Reuters que Washington ne pouvait accepter ce projet de plan de travail (dont nous n'avons de détails) en l'état, avant la rencontre en terre camerounaise. « Nous ne pouvons pas accepter un plan de travail qui, selon nous, compromet nos efforts collectifs pour aller de l'avant », a déclaré Joseph Barloon.
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S'appuyant sur un communiqué de Joseph Barloon, l’agence Reuters rapporte que la fermeté de Washington est motivée par un manque de préparation technique. La preuve, le diplomate estime que « les discussions n'étaient pas suffisamment mûres » et déplore le « langage ambigu » du projet de document. Cette objection, formulée à Genève la semaine dernière, « exclut la possibilité d'un accord sur les réformes à cette occasion puisque les 166 membres de l'OMC doivent décider par consensus », souligne Reuters.
Joseph Barloon a noté que Washington dispose d'un « programme de réforme ambitieux », précisant qu'il a « hâte d'entendre les positions des autres pays ». Cette posture indique clairement que les États-Unis entendent piloter les termes des réformes plutôt que de se rallier à une proposition tierce. Toutefois, en invitant les autres nations à la table des négociations à Yaoundé, Washington maintient une ouverture au dialogue pour s'accorder sur les innovations structurelles à introduire dans le fonctionnement de l'OMC.
Les revendications de l’Afrique
Depuis sa création le 1er janvier 1995, l’efficacité de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) fait l'objet de vifs débats. Après plus de trois décennies d'existence, l’institution est aujourd'hui à la croisée des chemins. Comme le soulignait la délégation française auprès de l'OMC en octobre 2025 : « entre tensions géopolitiques, montée des protectionnismes et défis posés par les transitions écologique et numérique, l’OMC doit se réinventer pour rester pertinente ».
Le 30 octobre 2025, le Groupe africain — composé de 46 pays, dont le Cameroun, le Congo, le Tchad, la RCA et le Gabon — a soumis une contribution majeure aux discussions de réforme. Pour le continent, la priorité demeure une réforme centrée sur le développement durable et l’équité. D’autres réformes à opérer touchent à la préservation et mise en œuvre effective du traitement spécial et différencié (TSD), l’équité, justice et équilibre dans le système commercial ; l’inclusion, transparence et participation égale ; la réservation de la prise de décisions par consensus, Marge de manœuvre pour le développement industriel, le transfert de technologie et renforcement des capacités.
Un autre chantier serait d’« inclure des processus d'accession plus rapides et plus transparents et une plus grande équité pour les pays en développement et les pays les moins avancés, afin de faciliter l'intégration de nouveaux ».
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