Au Congo, trois sociétés chinoises ont obtenu des autorisations d’ouverture et d’exploitation de carrières permanentes de grès et de sable fluviatile, pour une superficie cumulée de 13,37 hectares, selon des arrêtés du ministère des Industries minières et de la Géologie publiés le 29 octobre 2026.
À Kombé, dans l’arrondissement 8 Madibou, à Brazzaville, Beijing Universa Technical and Commercial (B.U.T.C), représentée par son gérant Zhou Weidong, est autorisée à exploiter une carrière de grès sur 3 hectares. Jiangsu Global Construction (J.G.C), dont le gérant est, selon l’arrêté, Yuan Maohua, obtient une autorisation sur 5 hectares pour ce même grès, une roche détritique utilisée dans la construction de maisons, de routes et d’autres chantiers de BTP. Les deux titres sont accordés pour trois ans renouvelables. Leurs demandes avaient été déposées respectivement les 15 novembre 2025 et 26 janvier 2026.
La troisième entreprise, China Wu Yi Congo SARL, représentée par son PDG Xiu Liming, obtient quant à elle une autorisation d’exploitation de sable fluviatile sur 5,37 hectares à Kpéta, dans le district de Dongou, département de la Likouala. Son titre est, lui aussi, valable trois ans renouvelables. La demande avait été déposée le 28 mai 2026.
En plus des trois sociétés précitées, l’entreprise congolaise FRED CARRIERE a obtenu, par arrêté du 5 octobre 2026, une autorisation d’exploitation de grès sur 1,02 hectare à Kombé, pour trois ans renouvelables. La demande avait été présentée par son directeur général, Frédéric Cissé Bitsindou, le 12 novembre 2025. Les quatre carrières couvrent ainsi 14,39 hectares.
Lire aussi : Métaux critiques : au Congo, Paul Obambi décroche un permis de recherche sur 253 km² dans le Kouilou
Ces autorisations interviennent dans un contexte d’accélération des projets d’infrastructures et de recherche de relais de croissance hors hydrocarbures. À Kpéta, par exemple, le titre de China Wu Yi Congo se situe dans une zone concernée par le corridor 13. Les travaux d’aménagement et de bitumage de l’axe Pokola-Mboua-Épéna-Impfondo-Dongou-Enyellé-Bétou-Gouga, long de 542 kilomètres, ont été lancés en février 2026. Cette proximité ne signifie toutefois pas que la société est attributaire des travaux routiers.
Une redevance de 5 % et des obligations environnementales
En contrepartie de l’exploitation, les quatre sociétés doivent verser à l’État une redevance de 5 % du prix de marché du mètre cube de matériau, selon les dispositions du code minier en vigueur. Elles sont tenues de transmettre, à la fin de chaque trimestre, leurs rapports de production à l’administration compétente, pour visa et liquidation de la redevance. S’y ajoutent une redevance superficiaire annuelle, calculée en fonction de la superficie du permis, et la présentation d’une étude d’impact environnemental et social couvrant la production et le traitement. Avant le démarrage de la production, chaque exploitant doit élaborer « un cahier des charges avec l’État et les populations locales de la zone concernée par l’exploitation pour réaliser des projets de développement communautaire durable ».
Les sociétés doivent aussi souscrire une assurance et en transmettre une copie à l’administration centrale des mines. Les titulaires disposent d’un an après l’attribution pour engager les opérations de développement. À défaut, les arrêtés prévoient que leur titre « peut se voir retirer […] sans droit à indemnisation ».
Lire aussi : Congo : Sassou Nguesso crée une task force contre l'exploitation illégale de l'or
L’arrivée de ces firmes vient étoffer un secteur qui compte déjà des opérateurs tels que FU YUAN, le français Socofran et Congomat, qui contribuent à la production locale de ces matériaux. En novembre 2024, les autorités congolaises avaient estimé la production artisanale annuelle moyenne de sable aux environs de Brazzaville à 113 498 m³, contre 86 984 m³ pour les moellons, alors que la production de grès reste sous-documentée.
Des autorisations pour les explosifs et les sources radioactives
Le ministère a également délivré des autorisations de stockage liées à des activités industrielles et minières. INTEGRATED NON DESTRUCTIVE TESTING (NDT) Congo, représentée par son directeur général Bertrand Goma-Biene, est autorisée à exploiter, pendant cinq ans renouvelables, un dépôt superficiel de sources radioactives dans la zone industrielle Tractafric Équipement, à Pointe-Noire. À Lifoula (Brazzaville), FRED CARRIERE obtient, pour cinq ans renouvelables, une autorisation d’exploitation d’un dépôt permanent de première catégorie destiné au stockage de substances explosives. La Société générale d’entreprise-construction (SGE-C) Congo, représentée par son directeur d’agence Denis Haumesser, reçoit, pour la même durée, une autorisation couvrant un dépôt de substances explosives et un dépôt permanent d’artifices de tir.
Lire aussi : Congo : Dangote décroche le permis d’exploitation d’un gisement de potasse de 350 millions de tonnes












