Au Congo, le groupe italien ENI revendique désormais une production nette de près de 160 000 barils équivalent pétrole par jour, un niveau record selon son directeur général, Claudio Descalzi. « Nous avons étendu la production à presque 160 000 barils par jour », a-t-il déclaré le vendredi 9 octobre 2026 à Brazzaville, à l’issue d’une audience avec le président Denis Sassou-N’Guesso. Les échanges ont notamment porté sur les investissements du groupe et les perspectives de développement de ses activités pétrolières et gazières. ENI prévoit également de forer un premier puits sur le bloc 24 en 2027, après l’analyse des données sismiques en cours.
Le volume annoncé marque une rupture avec la trajectoire de production du groupe au cours de la dernière décennie. En 2015, la production nette attribuable d’ENI au Congo atteignait environ 103 000 barils équivalent pétrole par jour, avant de reculer à 73 000 en 2020 puis à quelque 69 000 en 2025. Sur la base de ces références, le niveau annoncé en octobre 2026 représente une hausse d’environ 132 % sur un an par rapport à 2025 et de 55 % par rapport à 2015. Il s’agit toutefois d’une comparaison entre les moyennes annuelles historiques et un niveau annoncé en cours d’année, qui ne constitue pas encore une moyenne annuelle consolidée.
Cette nouvelle dimension place ENI en position de revendiquer un volume supérieur à ceux annoncés par plusieurs autres opérateurs présents dans le pays. TotalEnergies a déclaré une production d’hydrocarbures d’environ 69 000 barils équivalent pétrole par jour au Congo en 2025, tandis que Perenco a fait état d’environ 72 500 barils équivalent pétrole par jour. Le groupe chinois Wing Wah était, pour sa part, crédité d’environ 58 000 barils par jour à la fin de cette même année.
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Derrière cette montée en puissance, le permis offshore Marine XII, au large de Pointe-Noire, occupe une place centrale. ENI y détient 65 % des intérêts et exploite notamment les champs Néné Marine et Litchendjili. Le groupe mise aussi sur le gaz naturel pour renforcer sa présence dans le secteur énergétique congolais. Le projet Congo LNG, lancé en 2023, a vu sa capacité totale de liquéfaction portée à environ trois millions de tonnes par an avec le déploiement de sa deuxième phase au début de 2026. Cette infrastructure permet de valoriser les ressources gazières du pays et d’élargir les débouchés commerciaux d’ENI. Claudio Descalzi n’a cependant pas détaillé la contribution respective du pétrole brut, des condensats et du gaz à la production annoncée de 160 000 barils équivalent pétrole par jour, ni précisé les facteurs opérationnels expliquant une progression d’une telle ampleur.
Présent en République du Congo depuis 1968, ENI renforce ainsi sa place dans l’exploitation des hydrocarbures du pays, à la croisée de la production pétrolière, de la valorisation du gaz et de nouveaux projets d’exploration. Cette dynamique intervient alors que la production nationale de pétrole brut est estimée à environ 300 000 barils par jour. Un volume qui ne peut toutefois pas être comparé directement aux 160 000 barils équivalent pétrole annoncés par ENI, qui incluent l’équivalence énergétique du gaz.
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