Au Congo, le projet de potasse de Kanga, situé sur la côte atlantique à proximité de Pointe-Noire, est sur le point de passer sous le contrôle d'investisseurs asiatiques. Selon un communiqué de presse conjoint diffusé à l'issue d'une cérémonie de signature le 18 septembre à Chengdu (Chine), la société canadienne Sarmin Group Inc., pilotée par l'homme d'affaires Stéphane A. Rigny, et douze autres actionnaires ont acté un contrat de cession portant sur 92 % du capital de Kanga Potash, sa filiale qui détient le permis d'exploitation. Le document évalue le montant global de la transaction à 171,04 millions de dollars (environ 102,6 milliards FCFA).
Les détails de l'opération, précisés dans un document d'information financière transmis le 22 septembre à la Bourse de Shenzhen par le conseil d'administration de Zangge Mining, indiquent que l'acquisition sera structurée via une coentreprise basée à Singapour. À terme, Zangge Mining, filiale du géant Zijin Mining Group, détiendra 69 % des parts indirectes (¾) du projet moyennant un apport de 128,28 millions de dollars (environ 77 milliards de FCFA). Son partenaire Chengdu Yuntu Holdings en obtiendra 23 %. Dans sa communication, Sarmin Group précise conserver 8 % du capital ainsi que sa place au conseil d'administration jusqu'à la mise en production.
Ce rachat vise un gisement s'appuyant sur des fondamentaux géologiques connus. D'après une estimation standard publiée en 2018 par les promoteurs du projet, le site abrite 810 millions de tonnes de ressources mesurées et 1,2 milliard de tonnes de ressources présumées. Toujours selon les données tirées de l'étude de faisabilité définitive du projet, le plan de développement prévoit une capacité de production initiale de 600 000 tonnes de chlorure de potassium par an, avant une montée en puissance progressive censée atteindre 2,4 millions de tonnes annuelles.
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Le volet financier de cette mise en exploitation a d'ailleurs connu de récents ajustements. Lors de l'octroi du permis d'exploitation assorti d'une Convention Minière de 25 ans en 2023, le gouvernement congolais avait publiquement annoncé un investissement initial de 555 millions de dollars (environ 333 milliards de FCFA) pour la première phase du projet, infrastructures comprises. Un chiffre par la suite revu à la baisse par la direction de Kanga Potash, qui table désormais sur des prévisions de 457 millions de dollars (environ 274,2 milliards de FCFA).
Le débouclage effectif de cette transaction reste toutefois suspendu à deux verrous réglementaires mentionnés dans l'accord d'acquisition. Au Congo, le ministère des Industries minières et de la Géologie dispose d'un délai estimé à deux mois pour délivrer une lettre de non-objection, l'entreprise locale conservant la stricte propriété de ses titres miniers. L'opération nécessite par ailleurs, sous trois mois, l'approbation de la Commission nationale chinoise du développement et de la réforme et du ministère du Commerce pour les investissements à l'étranger.
Face à ces exigences, le conseil d'administration de Zangge Mining a tenu à alerter les investisseurs de la Bourse de Shenzhen en soulignant que la réalisation de cette acquisition restait sujette à des incertitudes réglementaires. Une fois ces autorisations formellement obtenues, le calendrier prévisionnel des acquéreurs fixe une période de six à douze mois pour la mobilisation des équipes, suivie de trente mois de construction de l'usine. Selon ces projections officielles, la première extraction industrielle de potasse interviendra dans un délai global de 42 à 48 mois, soit d'ici à 2030.
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