À Brazzaville, les investisseurs privés de la Société d'exploitation des potasses de Kanga (SEPK) sollicitent l'intervention de l'État congolais pour lever les principaux obstacles au démarrage de l'exploitation du gisement de potasse de Kanga, situé dans le Kouilou, près de Pointe-Noire. Le 13 juillet 2026, une délégation réunissant des investisseurs chinois et canadiens, actionnaires de la SEPK aux côtés de l'État congolais, a été reçue par le ministère des Transports. Selon un communiqué gouvernemental publié le 17 juillet, cette rencontre visait à faire le point sur l'état d'avancement du projet. « Il en ressort que la République du Congo dispose d'importantes réserves de potasse à Kanga, susceptibles de contribuer fortement au développement du pays », indique le communiqué.
Cette démarche intervient quatre ans après l'attribution du permis d'exploitation de ce gisement de 321 km², accordé en juin 2022 à la société Potash Kanga, puis transféré en juin 2025 à la SEPK à la suite d'un changement de dénomination. Les membres de la délégation ont fait état de retards dans le lancement de la phase de production, imputés à l'absence d'infrastructures de transport adaptées pour acheminer la production depuis Loango vers les marchés d'exportation. Stéphane André Rigny, PDG de la SEPK, a notamment sollicité un appui institutionnel et logistique, rappelant que 54 millions de dollars (près de 33 milliards de FCFA) ont déjà été investis dans les travaux d'exploration entre 2018 et 2026. L'opérateur souhaite accélérer le développement du projet afin de tirer parti d'une demande mondiale soutenue en engrais potassiques, dans un contexte de tensions sur les chaînes d'approvisionnement.
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Les enjeux sont considérables pour les actionnaires de la SEPK, qui réunit l'État congolais, via les ministères des Transports, des Mines et des Finances, ainsi qu'AMED Funds, Baker Steel Resources Trust et Sarmin Group Inc. Le gisement de Kanga renferme 12 milliards de tonnes de carnallite, auxquelles s'ajoutent 13 milliards de tonnes sur le permis voisin de Loango, détenu par la société. Le plan de développement prévoit une production annuelle de 2,4 millions de tonnes de muriate de potasse (MOP) sur une période de 30 ans. Selon l'entreprise, la totalité de cette production est déjà couverte par deux lettres d'intention portant sur des contrats d'achat.
Face aux préoccupations des investisseurs, le gouvernement congolais a réaffirmé son engagement à développer les infrastructures nécessaires à la valorisation des ressources minières. Le ministre des Transports a notamment évoqué la construction du port minéralier de Pointe-Noire, la réhabilitation du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO) ainsi que le projet de pont route-rail entre Brazzaville et Kinshasa, dont les travaux pourraient débuter cette année.
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