Plus d'un an après l'introduction de sa demande de permis d'exploitation auprès du gouvernement camerounais, en mai 2025, la junior britannique confie avoir revu à la hausse les prévisions de production de sa future mine d'or industrielle dans la région du Nord. Initialement, le projet de Bibemi prévoyait une production de 75 000 onces d'or (soit 2,24 tonnes) sur sept ans d'exploitation, selon les prévisions de décembre. Les nouvelles projections, contenues dans son rapport du premier semestre 2026 publié le 22 septembre, tablent désormais sur une hausse de la production totale d'environ 18,6 %.
« La base de la demande de licence d’exploitation modifiée est une Évaluation Économique Préliminaire interne qui prévoit une mine d’or à ciel ouvert à petite échelle, produisant 10 000 onces (oz) d’or par an pour une durée de vie initiale de sept ans, en exploitant environ 89 000 oz in situ d’or à 2,20 g/t, principalement centrée sur la ressource indiquée JORC de 100 000 oz au gisement de la zone 1 de Bakassi », explique l'entreprise.
En clair, si les investissements initiaux pour l’unité de production de 60,4 millions de dollars, restent inchangés, que la capacité des infrastructures se maintient à 10 000 onces d’or par an et que la durée de vie de la mine est toujours fixée à 7 ans, les volumes globaux produits, eux, augmentent à 89 000 onces d'or, soit environ 2,77 tonnes.
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En décembre, la société déclarait déjà que l’expansion future de la production et le potentiel d’extension de la durée de vie de la mine offraient un potentiel significatif pour l’économie globale du projet. Une perspective qui s'appuie, d'après elle, sur la conversion de ressources minérales certifiées supplémentaires (371 000 oz) venant s'ajouter aux ressources de 100 000 oz initiales, ainsi que sur un objectif d’exploration plus vaste (couvrant la zone 1 de Bakassi et trois autres prospects).
Des négociations intenses avec l'État
« Des progrès significatifs ont été réalisés à Bibemi, avec diverses études menées et en cours pour accroître la confiance dans la métallurgie et la méthode de traitement destinée à l’extraction de l’or. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec le gouvernement camerounais et la société publique Sonamines, qui détiendra la part gouvernementale du projet. Je suis heureuse d’annoncer qu’ils ont été très accommodants en nous permettant de modifier notre demande initiale à la réception de nouveaux résultats », a déclaré Eileen Carr, présidente d’Oriole. « Bien que l'attribution des licences ait souvent pris du temps récemment, poursuit-elle, je crois que le gouvernement du Cameroun souhaite soutenir cette première mine d’or commerciale de roche dure, et j’espère donc que la licence sera accordée dans un avenir proche. »
À noter que le projet aurifère de Bibemi couvre une superficie de 177 km² et est détenu à parts égales par Oriole et BCM. Cependant, s'agissant d'une demande de licence d’exploitation pour une mine à petite échelle, le dossier relève directement de la Société Nationale des Mines (SONAMINES), précise Oriole, conformément aux dispositions du Code minier de 2023 en vigueur.
Après plusieurs séances de discussions avec la SONAMINES et le ministère des Mines, la société confie avoir tenu une ultime session de négociation début août 2026 dans le cadre de ce processus d'attribution. La réunion, présidée par Serge Hervé Boyogueno, Directeur général de la SONAMINES, a rassemblé les représentants de plusieurs administrations (Mines, Forêts et Faune, Formation professionnelle, Cadastre, Travail et Sécurité sociale, Environnement, et Finances).
Rappelons que cette révision des projections de production survient dans un contexte de marché particulièrement favorable. Le prix de l’or, évalué en décembre à 3 200 dollars l'once, a actuellement grimpé autour de 4 400 dollars l’once selon Oriole. La junior souhaite justement profiter de cette tendance haussière pour accélérer l’exploitation de Bibemi - autrefois envisagée avant fin 2026 - mais qui reste, pour l'heure, coincée dans l'attente de son permis d'exploitation.
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