Face à une crise énergétique et à un déficit d’approvisionnement en eau potable persistants, le Gabon a élaboré un Plan stratégique d’investissements dans les secteurs de l’énergie et de l’eau pour la période 2025-2027, lors d’une réunion de travail présidée le 23 avril par Séraphin Akuré Davin, ministre de l’Énergie et des Ressources hydrauliques. Les besoins de financement de ce programme triennal sont estimés à plus de 3 000 milliards de FCFA.
Conscients des contraintes budgétaires, l’État, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), ainsi que des partenariats public-privé (PPP), mobiliseront ces fonds. « Seul, l’État gabonais ne pourra pas porter tous ces investissements. GPC offre la solution pour bénéficier de l’expertise de partenaires techniques et financiers ayant optimisé les investissements privés dans l’énergie », a expliqué Philipe Junior Ossoucah, directeur général de Gabon Power Company (GPC)
Selon le planning annoncé, le programme débutera par un état des lieux exhaustif et impartial, avant l’ordonnancement des investissements répondant aux besoins des populations. « Il est impératif, dans le cadre de la mise en place de ce programme, de tenir compte de l’évolution démographique de nos populations », a ajouté le ministre Séraphin Akuré Davin.
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En attendant la réalisation de cet ambitieux programme du gouvernement de Libreville, il convient de souligner que le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema a proposé dans son projet de société de la présidentielle du 12 avril dernier, de scinder en deux entité autonomes (eau et énergie), la société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) pour améliorer les performances de cette dernière. Dans une interview accordée au média à capitaux publics L’Union le 20 février 2025, le DG de la SEEG faisait remarquer qu’un audit réalisé en 2019 par EDF a fait état d’un besoin de 475 milliards de Fcfa pour renouveler les investissements des ouvrages, devenus obsolètes et vieillissants pour la plupart. Or, soulignait-il, en 2024 par exemple, la demande a connu une hausse de 12%.
Pour rappel, le plan d’investissement évoqué plus haut vise à renforcer les infrastructures énergétiques et hydrauliques au Gabon. Le résultat d’une telle démarche serait d’accroitre le taux d’accès à l’eau et à l’électricité et réduire par la même occasion, les disparités entre les zones urbaines et les zones rurales. En 2023, la Banque mondiale a évalué un taux d’accès de 91,6% en milieu urbain contre 27,8% en zone rurale. Pour ce qui est de l’eau potable, le taux d’accès est évalué à 45% pour les zones urbaines contre 25% en ce qui concerne les zones rurales.

