Le rendement des titres publics congolais à dix ans a dépassé 13 % en juillet 2026, atteignant environ 13,4 %, selon les dernières courbes publiées par la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC). Il s'agit du niveau le plus élevé observé dans les données historiques examinées depuis juin 2020, alors que les investisseurs continuent d'exiger une rémunération importante pour détenir la dette de Brazzaville sur une longue période.
Le Congo se finance ainsi dans des conditions nettement moins favorables que ses deux principaux voisins sur le marché des titres publics de la CEMAC. À dix ans, le rendement indicatif des obligations camerounaises se situe autour de 9,6 %, contre environ 7,2 % pour celles du Gabon. L'écart atteint ainsi près de 3,8 points de pourcentage avec le Cameroun et 6,2 points avec le Gabon. Ces rendements correspondent aux conditions indicatives du marché à une date donnée. Ils ne signifient pas que chaque nouvel emprunt du Congo à dix ans est effectivement souscrit à ce taux. Ils permettent néanmoins de mesurer la rémunération attendue sur les différentes échéances de la dette souveraine.

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Les difficultés du Trésor à mobiliser des financements se sont également manifestées lors des adjudications du 15 septembre 2026. Sur les 35 milliards de FCFA recherchés à travers quatre opérations, Brazzaville n'a levé que 19,09 milliards. L'émission de bons du Trésor à 52 semaines a notamment attiré seulement 250 millions de FCFA, sur un objectif de 10 milliards, soit un taux de couverture de 2,5 %. Une seule banque y a participé.
Cette prudence des investisseurs s'explique notamment par la situation financière du pays. En août, Fitch Ratings a relevé la note souveraine du Congo en monnaie locale de « CCC » à « CCC+ », tout en maintenant celle en devises à « CCC+ ». Malgré cette amélioration, l'agence continue de relever le poids de la dette publique, estimée à 92,1 % du PIB fin 2025, les arriérés de paiement et les fragilités de la gestion budgétaire.
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Les réticences des banques ont été évoquées lors d'une concertation organisée le 11 septembre à Douala avec le Trésor congolais. Selon le communiqué officiel, « les banques ont rappelé les contraintes prudentielles et les politiques de gestion des risques qui encadrent leurs décisions d'investissement ». Brazzaville s'est engagé à améliorer la prévisibilité de ses émissions et l'information communiquée au marché.
Au 31 août 2026, le Congo totalisait 3 045,5 milliards de FCFA de titres publics en circulation, le deuxième encours de la CEMAC derrière le Gabon. Malgré les difficultés de placement, le Trésor a annoncé quatre nouvelles émissions pour le 20 octobre, d'un montant cumulé de 105 milliards de FCFA. Un nouveau test pour Brazzaville, qui doit continuer à financer ses besoins tout en faisant face à des investisseurs exigeants.












