Le projet de loi des finances de l’année 2027 au Congo, présenté le 8 octobre dernier en conseil des ministres par Christian Yoka, ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public prévoit des recettes de l’ordre de 3 120,8 milliards FCFA et de dépenses budgétaires totales estimées à 2 638,4 milliards de FCFA avec, par conséquent, un excédent budgétaire global de 432,4 milliards de FCFA. Il est en nette augmentation par rapport à 2026. Les recettes de l’année en cours étaient prévues à 2 778,016 milliards FCFA (Correctif budgétaire) contre 2 550,540 milliards FCFA dans le budget initial. Les dépenses avaient été prévues pour 2 561,069 milliards FCFA (contre 2 320,167 milliards FCFA dans le budget initial) avec un excédent budgétaire de 216,947 milliards FCFA pour un taux croissance révisé à 5,5% contre 3,6 % initialement prévu.
"Environnement favorable"
Mais cet excédent ne signifie pas que le Congo disposera de 432,4 milliards de FCFA supplémentaires à dépenser librement. Le gouvernement prévoit en effet de mobiliser 1 757 milliards de FCFA pour faire face à ses engagements financiers, notamment ses remboursements d'emprunts, alors que les ressources attendues pour ces opérations ne devraient atteindre que 1 324,6 milliards. Il compte donc utiliser les 432,4 milliards d'excédent budgétaire annoncés pour combler cette différence. Pour financer son budget, Brazzaville compte sur « un environnement international caractérisé par des perspectives globalement favorables, malgré les risques liés aux tensions géopolitiques, aux conditions financières internationales et à la volatilité des cours de l’énergie », selon le ministre des Finances. Mais, il est de notoriété que le Congo compte sur le pétrole dont la production est estimée à 112 millions de barils et un prix moyen du baril à 71 dollars. Il représente à lui seul environ 90 % des exportations du pays. Le gouvernement table également sur l’augmentation des volumes de gaz naturel.
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Les réserves prouvées sont estimées à environ 90 milliards de mètres cubes selon la Banque mondiale et jusqu'à 284 milliards de mètres cubes selon certaines sources institutionnelles citées par l'Institut fédéral allemand des géosciences et des ressources naturelles (BGR), avec des réserves potentielles supplémentaires de 350 milliards de mètres cubes. Toutefois, faut-il le préciser, la production annuelle est estimée à environ 1,77 milliard de mètres cubes et les exportations congolaises de GNL devraient atteindre 2 121 000 de tonnes en 2026 (contre 563 300 tonnes en 2025).Les recettes pétrolières et gazières sont estimées à environ 1 047 milliards de FCFA sur un budget total révisé de 2 778 milliards de FCFA, soit approximativement 37,7 % des ressources budgétaires. Le gouvernement congolais table également sur les projections du Fonds monétaire international, selon lesquelles la croissance mondiale devrait être de 3,2 % en 2027, contre 3,1 % en 2026, tandis que l’inflation devrait poursuivre sa décélération, à 3,7 % en 2027 contre 4,4 % en 2026.
Grands axes
Au niveau de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), l’activité économique devrait s’améliorer progressivement, sous l’effet de la poursuite des réformes communautaires et des efforts de diversification des économies nationales. La croissance sous-régionale est projetée à 3,1 % en 2027, contre 2,9 % en 2026, tandis que l’inflation serait contenue à 2,5 %, en dessous du critère communautaire de convergence fixé à 3,0 %. Pour les estimations du Comité de cadrage macroéconomique et budgétaire de la République du Congo, le produit intérieur brut (PIB) réel devrait progresser de 6,9 % en 2027. Il était déjà de 4,3 % en 2025 et table sur 5,6 % en 2026. Ceci grâce aux secteurs non pétroliers en net croissance. Leur activité est appelée à augmenter de 5,1 % en 2027, après une progression estimée à 4,1 % en 2026.
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La loi des Finances 2027 au Congo prévoit des crédits orientés vers les infrastructures et la diversification économique. Une enveloppe globale de 680 milliards de FCFA est réservée aux investissements. Brazzaville voudrait également mettre un point d’honneur sur l’apurement progressif de la dette intérieure, notamment commerciale, « afin de renforcer la crédibilité financière de l’État, d’améliorer la situation de trésorerie des opérateurs économiques et de soutenir l’activité économique », a expliqué Christian Yoka, ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public.
Il a d’ailleurs ajouté que la réalisation des ambitions du Congo ne pouvant se faire sur la base des seules ressources internes, la mobilisation de ressources externes, sous forme d’appui budgétaire ou d’emprunt, est impérative et dépend de la conclusion d’un programme avec le FMI.














