« Une allocation de 2,5 milliards de FCFA sera mise à la disposition de la CAA (Caisse autonome d’amortissement) pour finaliser l’opération d’indemnisation des populations impactées par le projet de la route Ebolowa-Akom 2-Kribi (179,2 km) dans la région du Sud », a-t-on révélé le 14 avril 2025 lors de l’ouverture de la revue des projets routiers, présidée par Emmanuel Nganou Djoumessi, le ministre camerounais des Travaux publics (Mintp). Selon ce département ministériel, 211 requêtes ont été enregistrées et l’étape de dédommagement s’annonce allégée grâce à la disponibilité d’un décret d’indemnisation signé depuis 2023.
En attendant la matérialisation de cette opération, le Cameroun se trouve à un second point d’avancée vers la concrétisation de ce projet routier, annoncé depuis 2011 par le chef de l’État Paul Biya. Depuis 14 ans, cette route reste enclavée en raison du manque de financement. À l’origine de cette impasse, le bailleur de fonds britannique UKEF insiste sur le respect des normes environnementales. Il s’agit notamment de l'identification des peuples Bagyeli (pygmées) vivant sur l'itinéraire du projet, un élément clé pour la validation des études d’impact environnemental et social. L’opération relative à cette identification avait été lancée début avril 2024, suivie des audiences foraines en vue de l’établissement des actes de naissance et des cartes nationales d’identité, indispensables aux paiements des indemnités de ces populations impactées.
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Cependant, la visibilité sur le lancement effectif des travaux de cette infrastructure reste incertaine. Ce chantier devrait non seulement dynamiser les échanges commerciaux entre le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale, mais aussi fluidifier le trafic vers le port de Kribi. Annoncé pour 2024, le début des travaux a été reporté au premier semestre 2025. Aux dernières nouvelles, le maître d’ouvrage prévoit désormais le démarrage des travaux de terrassement au second semestre de l’année en cours. Dans un communiqué du 18 février 2025, Emmanuel Nganou Djoumessi rassurait que « les contraintes environnementales, basées sur les normes de l’International Finance Corporation, sont remplies. Il reste leur approbation par le bailleur, ce qui devra déclencher la mise en place du deuxième financement ».
Pour mémoire, le projet de bitumage de la route Ebolowa-Akom 2-Kribi est financé par la banque britannique Standard Chartered et garanti par UKEF, l’assureur. À ce jour, Standard Chartered a déjà débloqué 6,5 milliards de FCFA pour la réalisation des études menées par la firme WSP Golder, consultant de l’entreprise italienne ICM, adjudicataire des travaux depuis 2017. Ce montant représente 5 % du coût estimatif des travaux, évalué à 138,232 milliards de FCFA. Selon le maître d’ouvrage, le déblocage de la deuxième tranche du financement (plus de 130 milliards de FCFA) est conditionné par le rapport final de Ramboll, consultant d’UKEF dans le cadre de ces transactions.
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