À deux semaines de l’élection du futur président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, candidat au poste, multiplie les interactions en vue de rallier un maximum de personnalités influentes à sa candidature. Au siège de l’Union africaine (UA), le Mauritanien, a rencontré le vice-président de l'institution, Mme Selma Haddad le 15 mai 2025. Avec elle, il a parlé de son programme et des points de convergence avec la vision de l’Union africaine pour le développement du continent.
Et, de fait, quatre axes, contenus dans la vision 2063 de l’UA, caractérisent la vision du Mauritanien s’il est élu à la tête de l’institution financière panafricaine : l’augmentation de la mobilisation des financements, la réforme de l’architecture financière africaine, l’exploitation à bon escient du dividende démographique, et la construction d’infrastructures résilientes en vue de faciliter la circulation des hommes et des biens entre États du continent. À cela, peut s’ajouter l’intégration économique.
Osmose sur les infrastructures et l’intégration
Concernant cet aspect, l’Union africaine, dans l’Agenda 2063, met l’accent sur un « continent intégré, uni sur le plan politique et ancré dans les idéaux du Panafricanisme et la vision de la Renaissance africaine ». L’objectif étant de disposer d’infrastructures de classe internationale sur tout le continent. Une vision défendue par Sidi Ould Tah pour qui, l’investissement dans des projets d’infrastructures durables, capables de résister aux défis du changement climatique tout en créant de la valeur économique à long terme, doit constituer une priorité pour la connectivité du continent. Le programme du Mauritanien note des lacunes infrastructurelles, notamment dans les transports et l’énergie, qui handicapent la réalisation du plein potentiel de ce marché de plus d’un milliard de consommateurs.
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Pour l’économiste mauritanien dont la vision de la BAD et celle de l’Union africaine sur le développement de l’Afrique sont en osmose, le développement des infrastructures est crucial pour faciliter l’intégration économique à travers le continent. Aussi voit-il la matérialisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) comme la condition sine qua non à la réduction des barrières commerciales intra-africaines. En effet, la ZLECAF a pour objectif de stimuler le commerce intra-africain, d'aider l'Afrique à s'industrialiser et à diversifier sa production au-delà de l'énergie et des mines. Une vision au cœur du programme du candidat de Nouakchott à la BAD, présenté au vice-président de l’Union africaine ce 15 mai.
Energie et industrialisation
Si l’UA parle de « citoyens bien formés et suffisamment qualifiés ayant pour support la science, la technologie et l'innovation », l’actuel président de la BADEA met l’accent sur le dividende démographique. La différence sémantique n’emporte cependant pas la convergence de vues sur le parti à du potentiel des jeunes Africains. Pour lui, la jeunesse du continent est un « moteur essentiel de la prospérité économique ».
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Pour que l’Afrique s’industrialise, elle a besoin d’une énergie quantitative et qualitative, reconnaissent toutes les institutions et gouvernements. Pour cela, soutient-il, l’Afrique doit adopter un mix énergétique combinant énergies fossiles et énergie renouvelable afin de coller à la question climatique qui occupe une place centrale dans son programme. Un volet contenu dans la vision de l’Union africaine où l’industrialisation de l’Afrique pour une croissance inclusive figure en bonne place avec un apport des énergies renouvelables, la résilience climatique ainsi qu’un plan environnemental. Car rappelle-t-il souvent face aux médias, l’Afrique est le continent qui contribue le moins aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Aussi dispose-t-elle « d’une opportunité unique de concilier industrialisation et développement durable ».
Réforme
S’agissant de la paix en Afrique, Sidi Ould Tah trouve que « la sécurité et le développement sont indissociables ». Aussi, la réduction des risques de conflits et d’instabilité dans nombre de pays en Afrique passe-t-elle par la concentration des efforts de la BAD « sur la création de bases solides pour un développement durable dans les pays fragiles ».
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Ainsi que se projette l’Union africaine en matière de financement de l’économie sur le continent, Sidi Ould Tah plaide pour une réforme de l'architecture financière africaine. Ceci en vue d’une meilleure coordination entre les institutions financières africaines question « d’accroître l’efficacité et les synergies dans les efforts de développement ». Mais avant cela, le Mauritanien entend aussi, s’il est élu à la BAD le 29 mai prochain, optimiser le volume des financements dédiés à l’économie africaine, afin de démultiplier les chances de transformation du développement des pays. Un ensemble de points de convergence qui résonnent comme un partenariat réciproquement profitable et durable à venir.

