Dans un communiqué, le gouvernement de la République islamique de Mauritanie annonce que le Bénin apportera son soutien à Sidi Ould Tah, le candidat mauritanien à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD). Ce soutien a été officialisé à l’issue d’une audience accordée ce 5 mai à Nouakchott par le président mauritanien, Mohamed Cheikh El Ghazouani, à une délégation béninoise de haut niveau, conduite par le ministre d’État chargé de la Coordination de l’Action gouvernementale et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, et par le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni. « Notre frère Sidi Ould Tah a le profil et les compétences requises pour faire de la BAD le véritable outil de développement dont le continent a besoin aujourd’hui. À cet effet, nous lui apportons notre soutien et sommes prêts à mobiliser l’ensemble de nos partenaires autour de cette candidature », a déclaré la délégation béninoise. Le gouvernement mauritanien dit voir en cette marque de confiance forte et significative du Bénin et de ses plus hautes autorités, « une reconnaissance du parcours, de l’engagement et de la vision panafricaine du Dr Sidi Ould Tah au service d’une Afrique plus solidaire, plus intégrée et plus souveraine ».
Le candidat Sidi Ould Tah, pour sa part, se dit « particulièrement fier du soutien apporté par la République du Bénin, un pays dont le leadership et l’engagement en faveur de la coopération régionale sont largement reconnus ». Il ajoute que ce soutien renforce sa conviction que le continent africain est prêt à s’unir autour d’une vision commune pour une Banque africaine de développement plus forte, plus inclusive, capable de relever les défis actuels et de libérer pleinement le potentiel de l’Afrique. Agé de 61 ans, Sidi Ould Tah qui est diplômé en économie de l’Université de Nice-Sophia Antipolis, est un haut fonctionnaire de la République islamique de Mauritanie, qui également crédité d’une grande expérience au sein de grandes institutions financières régionales et internationales. Ministre de l’Économie de 2008 à 2015 dans son pays, il était il y a encore un mois à la tête de Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), dont il a multiplié par 12 les financements au profit du secteur privé et du commerce, en 9 ans.
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Il entend rééditer cet exploit à la BAD, notamment en multiplier par 10 « l’impact des financements et mobiliser plus de capitaux privés et souverains, notamment auprès des pays du Golfe dont il connaît bien les réseaux ». L’un de ses principaux objectifs à court et moyen termes est de repositionner la BAD « au cœur de l’architecture financière africaine jugée aujourd’hui trop dispersée ». Il est également préoccupé par la question de l’emploi, gage de l’avenir des jeunes a africains dans un continent qui comptera ¼ de la population mondiale d’ici à 2050. Assurer cet avenir, pense-t-il, passe la modernisation des infrastructures, « condition indispensable pour soutenir cette croissance démographique et économique ». Le candidat mauritanien est sur les starting-block pour la présidence de la BAD avec la Sud-africaine Bajabulile Swazi Tshabalala qui a quitté il y a quelques mois ses fonctions de présidente de l’institution financière panafricaine pour se consacrer à sa campagne, le Tchadien Mahamat Abbas Tolli, ancien gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) et ancien président de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), l’économiste et banquier d’affaires sénégalais Amadou Hott, qui occupe actuellement les fonctions de ministre de l'Economie, du Plan et de la Coopération du Sénégal, et, enfin, le Zambien Samuel Munzele Maimbo, vice-président du budget et de la planification stratégique à la Banque mondiale. Outre la Mauritanie et aujourd’hui le Bénin, Sidi Ould Tah bénéficie du soutien de poids à travers le continent, notamment de la Côte d’Ivoire, du Congo, de la Tanzanie, etc.
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