La Guinée équatoriale va mettre en œuvre le projet de compteurs prépayés dans les prochains jours. C’est du moins ce qui ressort du communiqué de la vice-présidence, publié le 2 avril dernier. « Le gouvernement de la Guinée équatoriale est sur le point de faire un pas important vers la modernisation de son réseau électrique national en y intégrant des technologies de pointe. Après avoir réalisé avec succès une simulation aujourd'hui avec l'un des échantillons avec SEGESA (Société d’électricité de la Guinée équatoriale), nous avons approuvé la mise en œuvre du système de compteurs prépayés intelligents dans les jours qui suivent », a indiqué le vice-président Teodoro Obiang Nguema Mangue.
Dans un premier temps, il sera question de réaliser une phase pilote qui va couvrir 1 400 mètres sur le réseau électrique national avec l’installation de près de 2 000 compteurs prépayés. Si elle s’avère concluante, le gouvernement prévoit passer à un déploiement national d’ici fin 2025, à la place des compteurs mécaniques et électroniques actuellement utilisés. Il précise toutefois qu’il reste encore à trouver des équipements avec des technologies avancées et des prix raisonnables pour permettre de réduire les coûts pour la population, notamment les dépenses liées à la consommation excessive et la correction des frais indus.
En mettant en œuvre ce projet, que SEGESA propose depuis 2022, l’objectif du gouvernement est de numériser le système de distribution électrique, améliorer la gestion de l'énergie et de garantir un service plus efficace et transparent, réduire les problèmes de créances et limiter les fraudes. Le projet, pensé pour offrir des avantages techniques (surveillance en temps réel et détection des anomalies) et économiques (optimisation de la consommation) est lancé après que l’entreprise à capitaux publics a exploré les systèmes technologiques similaires appliqués par les autres entreprises dans les pays voisins notamment au Cameroun et au Gabon.
Cameroun et Gabon : exemples ou avertissements ?
En effet, au Cameroun, lesdits compteurs sont utilisés depuis fin 2018. Selon une étude de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité, concessionnaire du service public de la distribution d’électricité, l’introduction des compteurs prépayés dans le système électrique national devrait permettre au pays de réaliser des économies de l’ordre de 350 milliards FCFA à l’horizon 2030, pour 3,5 millions de compteurs intelligents/prépayés installés. Selon ENEO, ce sont un peu plus de 800 000 compteurs intelligents qui ont été installés à fin août 2024.
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La même veine du côté du Gabon où la SEEG a récemment traversé un scandale financier lié à la fraude sur les compteurs prépayés. En janvier 2024, le directeur général (Joël Lehman Sandoungout à ce moment-là) indiquait que l’entreprise fait face, depuis près de 8 ans, à une fraude endémique sur ses réseaux de distribution, générant en moyenne 50 milliards FCFA de pertes par an. Soit un manque à gagner de 400 milliards que l’entreprise justifie par le constat selon lequel près de 30% des branchements sont frauduleux. Pourtant, les compteurs prépayés encore appelés compteurs Edan (Electricité de l’an) étaient mis en œuvre pour permettre au pays d’économiser jusqu’à 200 milliards FCFA à l’horizon 2025.
Toutefois, il faut noter que transformer le système de transport électrique d’une approche traditionnelle à une approche numérique fait parti du programme de la Guinée équatoriale pour relever la disponibilité de l’énergie électrique et améliorer la desserte actuelle estimée à 78% de la population pour une capacité totale de 420GWh (2024, Segesa). La Segesa soutient de fait que cette transition pourrait réduire considérablement les erreurs qui affectent actuellement le réseau électrique du pays.

