Le Cameroun prévoit de consacrer 5,4 milliards de FCFA à trois fermes porcines modernes sur la période 2027-2029. Le projet figure dans le rapport général des Conférences élargies de programmation budgétaire et de la performance associée (CEPB-PA) 2026. Il porte sur « la construction, l’équipement et la mise en service de fermes de multiplication de porcs » à Kounden (Ouest), Bali (Nord-Ouest) et Kaélé (Extrême-Nord). Selon la programmation du ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), 1,3 milliard FCFA seront mobilisés en 2027, puis 2 milliards en 2028 et 2,1 milliards en 2029.
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Le document ne précise ni le calendrier détaillé des travaux ni les capacités de production attendues pour chaque site. L’investissement vise néanmoins une filière dont la production évolue en dents de scie. Après une hausse de 7 % en 2023, qui l’avait portée à 49 435 tonnes de viande porcine, elle a chuté à 39 676 tonnes en 2024, soit près de 20 % de moins en un an. Le rebond de 2025 (41 714 tonnes, environ +5 %) reste très partiel : le niveau demeure inférieur de 16 % à celui de 2023, d’après les statistiques du Minepia. Cette situation traduit une filière qui peine à consolider ses gains. Dès 2023, malgré la progression, le ministère déplorait des « crises annuelles de Peste Porcine Africaine devenue endémique », qui pèsent sur les rendements.
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Pour tenter d’améliorer la qualité du cheptel, 100 grands-parents porcins « de haut potentiel génétique » sont arrivés d’Europe à l’aéroport international de Douala en 2024, dans le cadre du Projet de développement de l’élevage (Prodel). Transférés à la station de Kounden, ils devaient renouveler les souches et fournir des reproducteurs améliorés aux organisations de producteurs. Pour produire les effets escomptés, les nouvelles fermes devront s’accompagner d’un suivi vétérinaire rigoureux et d’une bonne maîtrise de la reproduction, afin de répondre à une demande nationale estimée entre 47 000 et 75 000 tonnes par an.
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Ces fermes s’inscrivent dans un programme plus large de développement des productions et des industries animales. Celui-ci prévoit, sur les trois prochaines années, un Centre national de production de semence bovine à Ngaoundéré et trois centres relais à Lougguéré, Maroua et Jakiri (9 milliards de FCFA), un abattoir industriel à Maroua (10 milliards) et l’acquisition de deux bateaux de pêche crevettiers, ainsi que le réaménagement du débarcadère de Youpwe à Douala (environ 7 milliards FCFA).














