Au premier semestre 2025, l'activité de Société Générale en Afrique a enregistré un léger ralentissement. Selon les résultats financiers publiés le 31 juillet, le bénéfice réalisé par le groupe bancaire français, après déduction de la quote-part des actionnaires minoritaires des filiales africaines, se situe à 117 millions d’euros (près de 77 milliards FCFA). Cette performance qui représente 3,77% du résultat net part du groupe (3,1 milliards d’euros) sur la période, est en baisse de 18,75% par rapport aux 144 millions d’euros réalisés au premier semestre 2024. Cette contraction intervient après que le groupe a cédé plusieurs de ses filiales sur le continent.
Lire aussi : Les vraies raisons du départ de Société Générale du Cameroun
Depuis juin 2023, le groupe Société Générale accélère son retrait du continent africain. Le géant bancaire français a déjà scellé plusieurs accords de cession concernant ses filiales africaines, notamment au Burkina Faso, au Congo, en Guinée équatoriale, en Mauritanie, au Mozambique, au Tchad et au Maroc. Désormais, le groupe envisage de se désengager également du Ghana, de la Tunisie, et surtout du Cameroun, où les discussions sont à un stade très avancé. Le 15 juillet 2025, les autorités de Yaoundé ont signé avec Société Générale, une convention portant sur le rachat des 58,08% de parts que la banque détient dans sa filiale locale, Société Générale Cameroun (SGC). Une fois l’opération finalisée, l’État camerounais, déjà actionnaire à hauteur de 25,6%, verrait sa participation grimper à 83,68%, les 16,32% restants demeurant entre les mains d’Allianz Cameroun.
Lire aussi : En plein retrait d’Afrique, Société Générale secouée par une enquête pour blanchiment d’argent et de fraude fiscale
Ainsi, à l’image du bénéfice, le groupe a perdu du terrain sur d’autres segments de ses activités en Afrique, au cours des six premiers mois de l’année en cours. C’est le cas du Produit Net Bancaire (PNB) qui chute de 30% à 0,7 milliard d’euros, après 1 milliard d’euros réalisé un an plus tôt. Sur ce segment, la filiale du Maroc a été leader du groupe en Afrique avec 245 millions d’euros, suivi de la Côte d’Ivoire (187 millions d’euros), l’Algérie (96 millions d’euros), le Sénégal (90 millions d’euros), la Tunisie (84 millions d’euros) et le Cameroun (70 millions d’euros). Par ailleurs, le nombre de clients du groupe a chuté de 4,2 millions au premier semestre 2024 à 2,7 millions un an plus tard. Un recul généralisé qui vient conforter la stratégie de recentrage opérée par le groupe.
Recentrage
À la tête du groupe bancaire français, Slawomir Krupa cherche, à travers la vente de ses filiales africaines, à accroître la rentabilité du groupe dans un contexte économique dégradé et géopolitique tendu. Une stratégie qui semble bien fonctionner. Selon le communiqué de Société Générale, les revenus du groupe pour le premier semestre 2025 s'élèvent à 13,9 milliards d'euros, reflétant une hausse de 8,6% par rapport à la même période en 2024. Le bénéfice net par du groupe (3,1 milliards d’euros) est lui, en hausse de 71%. Le groupe a également annoncé une baisse des coûts de 2,6%, en avance sur sa cible annuelle de 2025, fixée à une réduction de plus de 1%.

