Le siège parisien de la multinationale bancaire française Société Générale, a fait l’objet d’une perquisition musclée menée mardi le 24 juin 2025 par une escouade d’enquêteurs et de magistrats. La banque est soupçonnée de blanchiment d’argent et de fraude fiscale dans le cadre d’une opération lancée il y a un an en France et au Luxembourg. Ce qui a conduit également à la perquisition des domiciles de quatre cadres du groupe bancaire, immédiatement placés en garde à vue.
Selon la presse française, l’opération conduite par le Parquet National Financier (PNF) mobilise 24 enquêteurs, 11 magistrats et assistant spécialisés du PNF tant en France qu’au Luxembourg et a conduit au placement en garde à vue de quatre cadres du groupe bancaire hexagonal. Cette vaste opération fait suite à une enquête préliminaire ouverte en janvier 2024 pour blanchiment de fraude fiscale, « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée ou aggravée » et « association de malfaiteurs ».
Montage financier
L’enquête confiée à l’Office national antifraude et blanchiment d’argent passe au peigne fin des documents de la banque à même de démontrer si Société générale, par le biais d’un de ses « services », a fait des propositions et « réaliser des montages à but essentiellement fiscal au profit de grandes entreprises françaises. » Selon le PNF, les faits remontent à plus de 15 ans et sont susceptibles d’avoir été commis depuis 2009 en France et à l’étranger, notamment au Luxembourg.
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Le groupe bancaire hexagonal, est déjà sous le coup d’une autre enquête européenne sur une fraude sur les dividendes « Ces faits et cette procédure sont distincts des enquêtes portant sur les CumCum », précise le PNF. De fait, l’affaire baptisée « CumCum » et lancée en 2023, engage plusieurs banques, dont BNP Paribas, HSBC et Natixis, soupçonnées d’avoir élaboré des montages financiers complexes, permettant à des investisseurs étrangers d’échapper à la taxe sur les dividendes. Un processus qui consiste à transférer temporairement la propriété juridique de ses titres à une banque, avant de les récupérer ensuite, en rémunérant les intermédiaires au passage. Pour la Société Générale, ces nouvelles révélations tombent à un moment critique de sa réorganisation stratégique.
Car en parallèle, la banque française poursuit depuis 2023 un important plan de retrait de plusieurs marchés africains, dans une logique de recentrage sur ses activités européennes. Elle a ainsi finalisé la cession de ses filiales au Congo, en Guinée, au Tchad, au Burkina Faso, au Mozambique et en Mauritanie, en les vendant à divers groupes, notamment le géant panafricain Vista et le fonds d’investissement burkinabè Coris. Le retrait s’est également opéré au Togo, au Bénin, au Ghana et dernièrement au Maroc, où Société Générale a cédé ses actifs au groupe financier marocain Saham. Ces ventes s’inscrivent dans une volonté de réduire l’exposition à des marchés jugés peu rentables ou à risque élevé.
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Reste que certaines filiales n’ont pas encore trouvé preneur. C’est notamment le cas de Société Générale Cameroun, l’une des plus anciennes banques du pays. Alors que des sources annonçaient un accord de principe entre Société Générale et le burkinabé Coris Bank piloté par Idrissa Nassa, Yaoundé a décidé le 16 janvier dernier, d’exercer son droit de préemption. L’État camerounais, qui contrôle 25,6% du capital de la banque, s’est attaché les services du cabinet Grant Thornton pour une contre-valorisation à 211,1 milliards FCFA soit environ 321,9 millions d’euros. Sur la base de cette estimation, Yaoundé doit payer 122,64 milliards FCFA, correspondant aux 58,08% que le groupe français détient dans le capital de sa filiale.
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Notons qu’en 2024, l'activité de Société Générale en Afrique a enregistré un léger ralentissement. Selon les résultats publiés par le groupe, le Produit Net Bancaire (PNB) a connu un recul de 5,94%, s’établissant à 1,9 milliard d’euros (plus de 1 246,3 milliards de Fcfa) sur le continent. Soit 7,08% du chiffre d’affaires global du groupe bancaire (26,78 milliards d’euros).

