Engagé dans un vaste mouvement de désengagement de l’Etat dans certains secteurs, la République du Congo a signé, le 14 février dernier, un accord d’affermage du secteur de l’énergie électrique avec la Société nationale d'électricité du Sénégal (Senelec). Selon les informations de la Primature congolaise, la convention signée confie à la société sénégalaise la gestion du segment distribution et commercialisation de l’énergie électrique pour une durée de 10 ans. « Nous apportons l’expertise d’avoir vécu la même chose et d’avoir pu sortir le Sénégal de là. Dans les 10 ans et même moins, on pourra effectivement redresser le secteur et aller vers les performances », a déclaré le Sénégalais Pape Mamadou Diop, directeur général de la nouvelle Société d’électricité du Congo créée à l’occasion de la signature de l’accord.
Les missions assignées au nouveau concessionnaire du service public congolais de l’électricité portent entre autres sur la gestion, l’entretien, la maintenance et l’amélioration des performances du secteur public de la distribution de l’électricité et des systèmes de facturation. Selon le conseiller du Premier ministre, Jean Jacques Ikama, le Congo s’appuie sur la Senelec pour améliorer le suivi des abonnés dans le cadre de la commercialisation de l’électricité mais également dans le recouvrement des créances que la société d’Etat Energie électrique du Congo (E2C) a cumulées depuis 2018. Cette dernière a pour sa part été érigée en société de patrimoine détenant une participation de 15% dans l’ensemble des segments du marché énergétique.
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Sauver le secteur de l’électricité
Sept ans après le lancement de la réforme de l’opérateur public de l’électricité, les résultats ne sont toujours pas satisfaisants. Émile Ouosso, ministre congolais de l’Énergie et de l’Hydraulique exprimait en 2024, un avis cru sur la gestion du secteur de l’électricité par les sociétés d’Etats. « Dans le secteur de l’énergie, les entreprises d’État n’ont pas rempli leur mission », a-t-il déclaré, le 27 juin 2024 dans le cadre de l’Africa Energy Forum (AEF). Une critique qui visait en premier lieu la société E2C.
Pour rattraper la contre-performance de la société publique de gestion de l’électricité, le pays de Sassou Nguesso a décidé de se tourner vers le secteur privé. Parlant de la production et du transport, plusieurs centrales hydroélectriques ont été mises en concession dans le but d’améliorer la fourniture en électricité du pays. C’est le cas de la centrale à gaz Marine XII de Pointe-Noire cédée à l’Italien Eni depuis 2019.
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Vers une hausse des prix de l’électricité
« La prérogative des tarifs de vente est réservée exclusivement à l’autorité fermante avec le maintien du tarif social », a déclaré Jean Jacques Ikama, tentant de rassurer l’opinion sur la question d’une possible hausse du coût de l’électricité. Cependant, la société d’électricité du Congo, qui hérite d’une société nageant au milieu de créances sur abonnés et une lourde dette fournisseur, devra non seulement relever les activités du secteur mais également créer de la richesse. En plus du recouvrement des créances, elle devra procéder inéluctablement à un relèvement du prix de l’électricité afin de pouvoir payer les dettes dues aux fournisseurs tout en espérant générer des revenus qui pourront renflouer les caisses de l’Etat.
En effet, le gouvernement congolais a inscrit au budget de l’Etat, depuis un peu plus d’un an, que les entreprises publiques et parapubliques doivent reverser des dividendes au Trésor public ; imposant une obligation de résultat. Ainsi, en confiant la gestion de plusieurs segments du secteur de l’électricité à des entités privées, le Congo tente de garantir la production mais surtout la rentabilité ; ce qui, par conséquent, va inévitablement, engendrer une hausse des prix au consommateur final dont le prix de l’électricité.
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