Le ministre centrafricain des Eaux, Forêts de la Chasse et de la Pêche, Gervais Mbata, a présenté les ambitions du gouvernement pour le secteur de la foresterie dans le cadre du Plan nationale de développement (PND 2024-2028), lors d’une intervention radiodiffusée le 9 août dernier. Le pays veut relever à 10% la part de la foresterie dans le PIB national (6,5% actuellement) et entend porter à 70 milliards FCFA (environ 124 millions de dollars US) les revenus issus de l’industrie du bois à l’horizon 2028. Le membre du gouvernement soutient qu’ « impulser la transformation locale du bois va plus que doubler les revenus de ce secteur et sa contribution à l’économie nationale ».
En effet, selon les données du commerce international de la RCA, l’exploitation forestière a généré des recettes de l’ordre de 28,2 milliards FCFA en 2023, en légère régression par rapport à 2022 (-3,2%). Celles-ci sont portées par les exportations de bois en grumes, représentant 13% des exportations du pays sur la période sous revue. Pour tirer davantage profit de cette souche, le pays, qui exporte 90% de son bois sous forme brute, prépare une politique d’attractivité pour capter les investissements internationaux et industrialiser le secteur.
Le ministre cite entre autres incitations fiscales et économiques notamment des allègements d’impôts, des exonérations de TVA et crédits d’impôt à taux préférentiels. Pour se rendre plus compétitif et attirer les investisseurs, la RCA prévoit également de « simplifier les démarches administratives et auprès du guichet unique des entreprises (GUFE) pour la délivrance plus rapide de permis », rajoute-t-il. A date, le nombre d’entreprises forestières en activités en RCA et détentrices de permis a diminué de 15 à 10 entre 2013 et 2021, selon les données du CBFP (en français Partenariat pour les forêts du Bassin du Congo).
Aussi, il a rappelé l’intention du gouvernement de mettre en œuvre le projet de loi validé lors du conseil des ministres du 11 novembre 2022 et qui interdit l’exportation du bois brut centrafricain d’ici fin 2025 pour favoriser la transformation locale et soutenir l’industrialisation. Cette initiative s’aligne au mouvement régional de restriction à l’exportation de bois brut. Cette décision du conseil des ministres de la CEMAC devait être implémentée depuis 2022 mais à subit multiples reports pour être fixée à fin 2028. Ainsi, si la commission CEMAC traîne encore le pas, certains pays comme le Gabon, le Congo ou encore la Guinée équatoriale engrangent déjà les résultats de l’interdiction des exportations de grumes. Par exemple, l’industrie du bois du Gabon, premier producteur (40%) et premier transformateur (69%) du bois de la Cemac selon la Banque centrale, a généré un chiffre d’affaires de plus de 300 milliards Fcfa, selon le ministère de l’Économie.
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En République centrafricaine, la forêt couvre 36 % du territoire du pays, soit plus de 22 millions d'hectares (CBFP, 2021) et emploie plus de 4 000 personnes. Chaque année, la déforestation affecte environ 0,2 % de la couverture forestière, souvent à cause de l'agriculture itinérante, de l'exploitation illégale et de la production de charbon.

