Le marché du cacao poursuit son retour à la normale après l’euphorie des prix de ces deux dernières années. Selon les récentes données de la Bourse de New-York (New-York stock exchanges, NYSE), le cours du cacao est retombé à 5 159 $ la tonne le 21 novembre dernier ; soit son plus faible niveau depuis octobre 2024. Cette tendance affecte directement les producteurs camerounais car la valeur d’achat du cacao camerounais dépend étroitement des fluctuations du marché international. Par conséquent, le cours du cacao local a atteint son niveau le plus bas depuis 21 mois selon les prix actualisés ce 25 novembre par l’Office national du cacao et du café (ONCC).
Ainsi, le prix à l’exportation (FOB) est tombé à 2 690 FCFA/Kg, contre 3 084 FCFA/kg un mois plutôt et 5 400 FCFA/Kg un an en arrière tandis que le prix minimum d’achat du cacao camerounais, corrélé au prix de sortie, a chuté à 2 300 FCFA/Kg (1 306 FCFA de moins qu’il y a un an). Une réduction importante des revenus des cacaoculteurs qui marque une désillusion totale alors qu’entre février 2024 et mars 2025, les prix minimums payés aux producteurs ont oscillé entre 3 100 FCFA et 5 700 FCFA. Toute chose qui a motivé le ministre du Commerce a fixé à 3 200 et 5 400 FCFA/kg, l’intervalle moyen de prix aux producteurs pour le compte de la campagne 2025/2026 lancée en aout dernier.
Lire aussi : Cacao : le cours mondial recule de plus de 50% du fait du ralentissement des ventes
Selon les analyses d’experts, ces baisses consécutives résultent des multiples reports de l’entrée en vigueur de la loi de l'UE sur les exportations agricoles liées à la déforestation (RDUE). Prévue pour être appliquée dès décembre 2026, ce texte de cible principalement l’huile de palme, le cacao, le café, le soja et le bois en provenance des pays d’Afrique. La seconde raison évoquée est le regain de la production mondiale grâce à une amélioration des conditions climatiques en Côte d’Ivoire et au Ghana (principaux producteurs mondiaux). Les institutions qui régulent les activités de la filière (Ghana cocoa board et Conseil cacao-café (CCC) de la Côte d’Ivoire) projettent des bonds de plus de 30% la campagne 2025/2026 dépassant respectivement 650 000 tonnes et 1,1 million de tonnes de cacao produit. Ce qui favorisera un surplus d'excédent de production d’environ 325 000 tonnes, favorable à une rééquilibration des prix.
A noter que, ces pays de l’Afrique de l’Ouest ont récemment relevé leurs prix minimums à la faveur des producteurs. Les cacaoculteurs ghanéens et ivoiriens bénéficieront donc de cette tendance baissière des prix du fait de leur offre plus importante et de la suppression de la taxe douanière de 15% imposée par les USA le 31 juillet 2025 (ce pays d’Amérique du Nord absorbe près de 120 000 tonnes de cacao africains par an dont 78 000 tonnes issus du Ghana). La détaxation annoncée par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Sam Okudzeto Ablakwa, le 24 novembre, devrait permettre au pays de générer plus de 60 millions de dollars de plus de recettes d'exportations de cacao. De l’autre côté, le Cameroun reste soumis à cette taxe et les producteurs camerounais subissent négativement la chute des cours malgré amélioration des conditions logistiques due au retour de la saison sèche.
Lire aussi : Cacao : au Cameroun, les prix chutent de 43 % en six mois

