Le geste posé le 14 juillet 2025 par un groupe de jeunes pour la caution de Paul Biya et le financement partiel de la campagne électorale à hauteur de 40 millions de FCFA du candidat du parti au pouvoir, est venu réveiller la complexe question du financement de la campagne électorale et des partis politiques au Cameroun. Si pour certains, cela illustre la dynamique de mobilisation autour des figures politiques autour d’actions plus structurées ou de financement indirect provenant de sources établies, reste que cette initiative soulève la problématique de la transparence et de l'éthique dans le cadre de la campagne pour la présidentielle à venir.
Aussi, des questions fusent-elles sur l’origine de ces fonds qui, pour certains, sont des contributions individuelles de jeunes issus de divers milieux sociaux. Mais, qu’à cela ne tienne, au Cameroun, la loi électorale fixe à 30 millions de FCFA, le montant de la caution de candidature à l’élection présidentielle. Et parce que les partis politiques, au sens du Code électoral participent à l’expression du suffrage universel, l’État finance doublement ces acteurs : la subvention des activités et le financement des campagnes électorales. « Le financement public concerne aussi bien les dépenses couvrant les activités permanentes des partis politiques que celles consacrées à l’organisation des campagnes électorales et référendaires », précise l’article 276 du Code électoral à l’alinéa 1.
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Dans cette perspective, des formations politiques reçoivent une subvention destinée au fonctionnement de l’administration courante ; à la diffusion du programme politique ; à la coordination de l’action politique de leurs membres ainsi qu’à la préparation des consultations électorales et référendaires. Celle-ci est répartie en deux tranches d’égal montant, dont une allouée aux partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale, au Sénat, au Conseil régional et/ou dans un Conseil municipal ; et la seconde aux formations politiques en fonction de leurs résultats aux dernières consultations électorales.
Si le financement public est encadré et doit faire l’objet d’une commission de contrôle post élection mise sur pied par décret présidentiel, le financement privé dont les modalités doivent être fixées par un texte particulier selon le Code électoral, reste ouvert à toutes les contributions, à l’exception « des subsides et des financements provenant de personnes, d’organisations, de puissances étrangères et/ou d’Etat étranger », selon l’article 278.
En l’absence de cadre normatif du financement privé des partis pourtant prévu par la loi, les candidats à la présidentielle organisent des levées de fonds audacieuses pouvant aller jusqu’à des milliards de FCFA. À titre d’illustration, Pr. Maurice Kamto du MRC, avait fixé ses ambitions de campagne électorale à 06 milliards de FCFA au mois de janvier. Une initiative qui avait suscité la controverse, le camp du pouvoir alléguant des risques de financement étranger, d'institution ou d'organisation étrangère ou issu de circuits illicites, proscrits par la loi.
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Lors de la campagne présidentielle de 2011, le Social Democratic Front avait plafonné ses ambitions à 02 milliards de FCFA avant de les revoir à la baisse à 600 millions de FCFA par « peur de représailles fiscales », selon son vice-président de l’époque, Joshua Osih, cité par RFI.
Si plusieurs partis et candidats font appel à des contributions financières de diverses sources qui incluent souvent des dons de particuliers, les fonds propres de candidats ainsi que les ressources des formations politiques à l’instar du RDPC, le parti au pouvoir qui, en plus des campagnes de vente des cartes d’adhésion, est une machine financière puissante, certains, moins nantis, sont souvent obligés d’attendre l’encaissement du chèque de 30 millions de F CFA de fonds publics de l’État, pour se déployer sur le terrain. Mais le déblocage par le Trésor public de cette enveloppe est fait en deux tranches dont l’une n’est disponible qu’après le scrutin au prorata des scores réalisés par les candidats.
En 2018, Cabral Libii avait créé l’évènement en mobilisant les petits porteurs pour payer sa caution à la présidentielle. Cette année, Pr. Jean Bayebeck, un autre candidat déclaré d’une faction de l’Union des populations du Cameroun, annonce une levée des fonds via ses comptes bancaire Mobile Money, afin de financer sa campagne électorale. Mais rien ne permet d’attester qu’il sera retenu comme tel à cette élection.
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