Dans sa dernière analyse sur la solvabilité du Cameroun publiée le 09 mai dernier, l’agence de notation Fitch Rating a reconduit la note « B » sur les emprunts à long terme et en devises du pays, tout en réaffirmant une perspective négative. Si l’institution souligne la résilience l’économie du pays (3,9 % en 2024) et juge son échéancier de dette gérable, elle alerte néanmoins sur des risques politiques et des faiblesses dans la gestion des finances publiques.
« Fitch suppose que le président Paul Biya, âgé de 92 ans et au pouvoir depuis 1982, remportera l'élection présidentielle prévue en octobre 2025, garantissant ainsi la continuité politique et stratégique », anticipe l’agence avant d’avertir : «L’absence de plan de succession et les rivalités au sein du parti au pouvoir augmentent le risque d’une transition désordonnée ».
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Cette mise en garde n’est toutefois pas nouvelle. La succession présidentielle ayant toujours été un argument que les agences mettent en avant pour maintenir le pays au bas niveau. Sur le plan financier, la gestion des liquidités demeure problématique, selon les analystes de Fitch, car le Cameroun a « les retards récurrents dans les paiements du service de la dette extérieure ». La flexibilité de financement reste modérée, le Cameroun bénéficiant d’un meilleur accès aux marchés régionaux que ses voisins. Néanmoins, l’échéancier de la dette nécessite encore un appui des créanciers officiels et, à terme, un nouveau programme du FMI en 2026, sans quoi le plan de financement pourrait être compromis.
Malgré une croissance du PIB résiliente, tirée par l’agriculture, la construction et les infrastructures, Fitch estime que la baisse continue des recettes pétrolières – passant de 2,9 % du PIB en 2023 à 2,1 % en 2024 – continuera de peser sur les finances publiques. Le déficit budgétaire, qui a atteint 3,5 % du PIB en 2024, devrait se stabiliser autour de 1,5 % en 2025-2026, mais demeure soumis aux aléas liés aux dépenses de sécurité et au contexte électoral.
En somme, si les fondamentaux macroéconomiques du Cameroun montrent une certaine robustesse, c’est bien l’incertitude politique qui, de l’opinion de Fitch, continue de tirer la perspective de sa note vers le bas. Les mois à venir, cruciaux pour la préparation du scrutin d’octobre, seront décisifs pour restaurer la confiance des investisseurs et des bailleurs de fonds.
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