Selon le « Bulletin de statistique trimestriel » de l’Institut national de la statistique de la Guinée Équatoriale (Inege), le pays a réalisé un excédent budgétaire de 148,4 milliards FCFA au terme des six premiers mois de l’exercice 2025. Durant cette période, la Guinée Équatoriale a mobilisé 805,5 milliards FCFA de recettes pour des dépenses s’élevant à 657,1 milliards FCFA. Cet excédent est le résultat d’une progression notable : il a bondi de 51,1 milliards FCFA au premier trimestre (avec 424,2 milliards de FCFA de recettes pour 373,1 milliards de FCFA de dépenses) à 97,3 milliards de FCFA au second trimestre.
L'amélioration de la situation budgétaire est la conséquence directe d'une forte maîtrise des dépenses au deuxième trimestre (-23,8%), lesquelles sont tombées à 284 milliards de FCFA. Ce repli est avant tout le résultat d’une baisse drastique des dépenses d’investissement (-54,7%), qui ont été ramenées à 84,2 milliards de FCFA en glissement trimestriel. Cette diminution s'explique par une chute spectaculaire de 89,6% des fonds alloués aux œuvres infrastructurelles, limités à 3 milliards de FCFA.
Lire aussi : https://ecomatin.net/guinee-equatoriale-les-recettes-petrolieres-chutent-de-275-milliards-fcfa-20-en-2024
Par ailleurs, malgré la progression de l'excédent, les recettes globales ont diminué de 10,11 % sous l'effet de la baisse des revenus pétroliers (passés de 363,7 milliards de FCFA à 300,3 milliards de FCFA). Cette vulnérabilité est toutefois partiellement compensée par une nette amélioration de la collecte fiscale dans le secteur non pétrolier où les recettes correspondantes ont explosé de 133,7 % pour atteindre 141,4 milliards de FCFA en un trimestre.
L’excédent budgétaire enregistré au premier semestre de cette année semble marquer une nette rupture avec la tendance observée en 2024 où la Guinée Équatoriale avait essuyé un déficit budgétaire de 43 milliards FCFA principalement dû à la chute de 20 % des recettes pétrolières qui représentent plus de 80 % des recettes globales de l'État. Malgré cette forte vulnérabilité aux prix du baril, l'effort d'ajustement des finances publiques est resté modéré, avec une faible diminution des dépenses totales, qui sont passées de 1 445,5 milliards de FCFA en 2023 à 1 429,5 milliards de FCFA un an plus tard. L'excédent actuel au premier semestre pourrait donc témoigner d'une gestion plus rigoureuse ou d'une légère reprise, mais l'enjeu crucial pour le pays demeure la diversification de ses sources de revenus pour se prémunir contre la volatilité du marché pétrolier.

