L’Institut national de la statistique de Guinée Équatoriale (Inege) vient de publier le « Rapport sur les Comptes nationaux ». Celui-ci révèle que les recettes pétrolières de ce pays de la Cemac ont baissé de 274,9 milliards de Fcfa (-19,7%) passant de 1 398,5 milliards de Fcfa en 2023 à 1 123,6 milliards de Fcfa en 2024.
Cette baisse s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, du côté de la production, le raffinage des produits pétroliers a connu une contraction de 2,5 % au dernier trimestre 2024 par rapport à la même période en 2023. Cette baisse est notamment due à une chute de 4,2 % de la production de gaz à base de pétrole. Le méthanol a particulièrement pesé sur les résultats, avec une baisse spectaculaire de 90,2 %, en raison de « problèmes techniques critiques » dans les installations de production, selon l’INEGE.
En outre, les recettes pétrolières n’ont pas échappé à l’instabilité du prix du baril sur le marché international. À en croire l’Inege, le brut équato-guinéen est passé de 80,8 dollars/baril à 78,7 dollars/baril en 2023, soit une baisse annuelle de 2,1 dollars en moyenne. Parallèlement, les ventes de carburants (essence, diesel, kérosène, Jet A-1) ont reculé, passant de 296 226 litres en 2023 à 284 770 litres en 2024.
Un déficit budgétaire de 43 milliards de Fcfa
La chute drastique des recettes pétrolières en Guinée Équatoriale en 2024 a eu une conséquence directe et négative sur les finances publiques. En effet, le pays a enregistré un déficit budgétaire de 43 milliards de Fcfa après un excédent de 190,6 milliards de Fcfa un an plutôt. La raison est que les recettes globales se sont établies à 1 386, 5 milliards de Fcfa à fin 2024 contre 1 429, 5 milliards de dépenses malgré que celles-ci ont régressé de plus de 15 milliards de Fcfa de Fcfa en un an. A noter que les recettes pétrolières représentent à elles-seules, 81% des recettes totales du pays en 2024 après une contribution de 85,5% en 2023 soit un repli de 4,5 points de pourcentage. Par contre, en 2023, les recettes pétrolières et non-pétrolières de la Guinée Équatoriale s'élevaient à 1 635, 6 milliards comparativement aux dépenses ressorties à 1 445 milliards de Fcfa cette année-là.
Cette situation met en évidence la vulnérabilité de l'économie de la Guinée Équatoriale aux fluctuations des prix du pétrole et souligne la nécessité pour le pays de diversifier ses sources de revenus afin de gérer prudemment ses finances publiques.
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