La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) dans son récent rapport de politique monétaire est pessimiste sur la production du pétrole brut au Cameroun et en Guinée Equatoriale à fin 2024 comparée à 2022. En effet, selon cette Banque commune aux six Etats de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, RCA, Tchad et Guinée équatoriale), la production du pétrole brut du Cameroun devrait poursuivre sa perte de vitesse (après une production estimée à 3,3 millions de tonnes en 2023) avec 3,1 millions de tonnes en 2024 contre 3,5 millions de tonnes en 2022.
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Si ces prévisions de la banque centrale se confirment, le pays de Paul Biya aura essuyé une chute de 400 000 tonnes (-11,4%) de sa production en l’espace de 2 ans. A en croire la même source, la contreperformance projetée serait notamment due à la maturation des champs pétroliers qui ont atteint leur pic de production ainsi que des problèmes techniques et logistiques liés notamment au vieillissement des infrastructures.
Recettes pétrolières prévues à la baisse
En attendant la clôture de l’exercice en cours, ces prévisions de la banque centrale s’annoncent vraies au regard des chiffres obtenus au premier trimestre. A en croire les données contenues dans le document de programmation économique et budgétaire, sur des prévisions de 202,4 milliards de Fcfa de recettes pétrolières à fin mars, seuls 167,4 milliards de Fcfa ont été mobilisés soit un manque de 35 milliards de Fcfa. De plus, le Cameroun qui était parti sur des recettes prévisionnelles de 809,5 milliards de Fcfa dans sa loi de finances initiale de l’exercice budgétaire 2024, s'est vu obligé de les réduire à 801,6 milliards de Fcfa soit une baisse de 7,9 milliards (-1,0%) dans la loi de finances rectificative. Ceci pour tenir compte « de la baisse de la production du pétrole et du gaz, conjuguée à celle des cours mondiaux du pétrole », prévoit le gouvernement camerounais. Ces deux facteurs, il faut le rappeler, ont entrainé la baisse des recettes pétrolières passant de 973,8 milliards de Fcfa en 2022 à 877 milliards de Fcfa en 2023 pour une chute de 96,8 milliards (-9,9%).
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Cameroun, 8,7% de la production en zone Cemac
A l’observation, la production globale de pétrole brut en zone Cemac s’établirait à 40,2 millions de tonnes en 2024 contre 39,5 millions de tonnes deux ans plus tôt soit une légère hausse de 0,7 millions de tonnes (+1,77%). Au terme de l’année en cours, le Cameroun afficherait le plus faible volume de production pétrolière comme au cours des deux précédentes années avec une participation de 8,7% (contre 8,9% en 2022, Ndlr). Dans la même veine, la production du brut équatoguinéen serait en pertes de vitesse. D’après la Beac, elle passerait de 5,4 millions de tonnes en 2022 pour 4,6 millions de tonnes en 2024 soit une baisse de 0,8 million de tonnes (-14,8%).
La République Centrafricaine ne produisant pas le pétrole brut pour le moment, le Congo, le Gabon et le Tchad connaitraient plutôt une embellie. Comparé à 2022, la production du Congo progresserait de 0,2 million de tonnes. Celle du Gabon connaitrait une hausse de 1 million de tonnes de même que le Tchad qui verrait la production de son pétrole brut augmenter de 0,7 million en 2024. En clair, des trois pays pèseraient respectivement 13,4 millions de tonnes (33,3%) 11,4 millions de tonnes (28, 4%) et 7,7 millions de tonnes de pétrole brut (19,2%).
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