Au Tchad, les évacuations de produits pétroliers depuis l'unique raffinerie de Djarmaya, située à une trentaine de kilomètres de la capitale N'Djamena, ont chuté en août 2026 pour atteindre leur niveau le plus bas depuis le début de l'année. Selon un récent rapport de l’Autorité de régulation du secteur aval (ARSAT), ce repli frappe l'ensemble des carburants liquides. « Cette baisse s'explique principalement par des facteurs saisonniers, notamment les vacances scolaires […] et la saison pluvieuse, qui rend plusieurs axes difficiles d'accès et peut entraîner l'isolement temporaire de certaines régions », justifie le régulateur.
Concrètement, cette paralysie logistique, couplée à la baisse de la demande estivale, se traduit par une contraction brutale de l'activité. Toutes unités confondues, le volume global des produits extraits de l'usine est ainsi passé de 69,7 millions de litres en juillet à 57,8 millions en août, soit une chute absolue de 17 %.
Ce ralentissement est particulièrement marquant sur l'essence et le gazole, qui pèsent pour 74 % des enlèvements. Le gazole s'effondre de 26 % (à 20,4 millions de litres) et l'essence cède 15 % (à 23,5 millions de litres). Ces contre-performances contrastent vivement avec les volumes de janvier dernier, où la raffinerie avait respectivement livré 28,8 millions et 27,7 millions de litres pour ces deux produits.
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Cette inertie des évacuations locales a, une fois de plus obligé l'État et les distributeurs à ajuster leurs stratégies en se tournant massivement vers les pays frontaliers (Cameroun, Niger, Nigeria) pour éviter la rupture de stock. Pour pallier la faiblesse des approvisionnements nationaux, les importations d'essence ont bondi de 42 % en un mois (atteignant 8,3 millions de litres) afin de maintenir l'alimentation du parc automobile.
Les achats de gaz domestique (GPL) à l'étranger suivent cette même dynamique haussière, affichant une progression de 13 % (à 5,5 tonnes) pour sécuriser les besoins incompressibles des ménages face aux routes embourbées du pays. Tout compte fait, la raffinerie de Djarmaya qui assure la production locale a fourni 68,5 % des produits pétroliers consommés au Tchad en août contre 31,5 % par des importations. Ce qui reflète une baisse structurelle de la production locale et une hausse ciblée des importations notamment pour l'essence et le gaz domestique.
Historiquement, l'infrastructure de Djarmaya - d'une capacité de 20 000 barils par jour et cogérée par l'État tchadien avec la compagnie chinoise CNPC - n'a jamais pu couvrir la totalité des besoins nationaux. En perspective, la forte exposition du système logistique tchadien aux aléas climatiques met en lumière une fragilité structurelle persistante. La sécurisation énergétique du pays reste précaire tant que des investissements majeurs ne seront pas déployés pour désenclaver les corridors de distribution routiers et augmenter les capacités de stockage d'hydrocarbures en aval.
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