Selon une annonce publiée le 28 décembre par EOS Marine, filiale du groupe britannique EOS Risk Group, trois pétroliers dont deux battant pavillon camerounais et un sous pavillon sierra-léonais, sont entrés en mer Méditerranée après avoir chargé du pétrole brut russe soumis à sanctions, avec une destination évaluée vers Port-Saïd, en Égypte. « Les navires sont susceptibles d’effectuer des transbordements de navire à navire ou de décharger dans des ports jugés permissifs, conformément aux pratiques établies de contournement des sanctions associées à la flotte de pétroliers de l’ombre », indique EOS Marine.
Les navires concernés sont les pétroliers SEASONS I, LION I et CAI YUN, spécialisés dans le transport de brut et âgés de 15 à 19 ans. Le LION I (IMO 9384069), construit en 2009 et battant pavillon camerounais, fait route vers Port-Saïd, avec une arrivée estimée au 4 janvier, selon les données AIS. Le SEASONS I (IMO 9308950), construit en 2006 et également sous pavillon camerounais, est signalé en route vers une destination déclarée « For Orders ». Le CAI YUN (IMO 9437983), construit en 2010 et battant pavillon sierra-léonais, serait à destination de Port-Saïd, avec une arrivée prévue le 4 janvier.
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Selon EOS Marine, ces mouvements accroissent les risques de contournement des sanctions, ainsi que ceux sécuritaires, opérationnels et environnementaux en Méditerranée. L’assureur précise qu’au moins neuf navires ayant opéré dans des ports russes ont été visés, au cours des douze derniers mois, par des attaques à la mine limpet ou par drones en Méditerranée, sans que tous ne soient formellement sanctionnés.
Cette alerte intervient alors que le Cameroun a renforcé, depuis décembre 2024, le contrôle de son registre maritime, avec l’entrée en vigueur, le 2 décembre, d’un système d’immatriculation maritime numérique, selon le ministère des Transports. Le pays figure par ailleurs parmi les États dont les navires font l’objet de restrictions d’accès aux eaux et ports des Émirats arabes unis, sauf classification par une société membre de l’IACS (Association internationale des sociétés de classification) ou par la Société de classification des Émirats – Tasneef, dans le cadre des mesures internationales de lutte contre la flotte dite « fantôme ».

