Le 2 avril, l'Autorité norvégienne de surveillance financière (FSA) a révélé par voie de presse que Romarine AS, une société norvégienne, a émis de faux certificats d'assurance pour des navires sous sanctions, dont l'Ionia, un pétrolier battant pavillon gabonais, et le Captain Kostichev, battant pavillon panaméen. Ces certificats frauduleux ont été présentés aux autorités portuaires russes, ce qui a provoqué l'ouverture d'une enquête. Selon Reuters, la FSA souligne que Romarine AS n'est pas enregistrée en Norvège en tant qu'assureur, et que la société est dirigée par le citoyen russe Andrey Mochalin.
La FSA a notamment déclaré qu’« un certificat d'assurance fourni par le pétrolier Ionia, battant pavillon gabonais, aux autorités portuaires russes à Primorsk le 2 février et daté du 9 janvier, mentionne Romarine comme fournisseur d’assurance. Bien que le certificat du Captain Kostichev soit valide jusqu'au 24 avril, ce navire a été retiré du site web de Romarine, contrairement à l'Ionia qui y figure toujours.» Les autorités norvégiennes s'inquiètent des risques environnementaux et de sécurité liée à ces pétroliers non assurés, qui pourraient causer des dommages importants en cas d'accident.
Lire aussi : Transport maritime : Londres ajoute un navire battant pavillon gabonais à sa liste de pétroliers russes sous sanction
Pour l'Autorité de surveillance financière, l'affaire Romarine est particulièrement préoccupante car la société a tenté de faire croire que les pétroliers étaient couverts par des assurances occidentales, ce qui n'était pas le cas. La FSA a émis un avertissement et une ordonnance de cessation d'activité à l'encontre de Romarine, mais la société n'a pas réagi de manière satisfaisante. En parallèle, la police d'Oslo a ouvert une enquête sur les activités de Romarine, visant quatre personnes soupçonnées de falsification de documents et d'exercice illégal d'activités d'assurance. De plus, les enquêtes concernant les navires impliqués devraient se poursuivre.
Bien que ce soit le premier cas de fausse assurance déclaré concernant un pétrolier gabonais, des navires battant ce pavillon ont déjà été accusés de faire partie de la « flotte fantôme » russe. En novembre dernier, Londres a ajouté l'Artemis (IMO 9317949), un pétrolier gabonais transportant du pétrole brut, à sa liste de navires russes sanctionnés, entraînant son immobilisation en mer Baltique. Une enquête de RFI a révélé qu'en 2024, au moins 40 des 95 pétroliers battant pavillon gabonais avaient récemment visité des ports russes, avant de se diriger vers les principaux clients de Moscou : la Chine, l'Inde et la Turquie. Face à ces accusations, Libreville a déclaré avoir radié 28 navires de son registre pour activités non conformes.
Lire aussi : Flotte fantôme : un navire battant pavillon camerounais vendu en Inde pour plus de 11 milliards de Fcfa
Rappelons que les sanctions occidentales visent à limiter les revenus pétroliers de la Russie depuis le début du conflit Ukrainien en 2022, en plafonnant les prix de ses exportations. La "flotte fantôme" est soupçonnée d'aider la Russie à contourner ces sanctions.

