Un navire battant pavillon camerounais a été récemment vendu à un parc à ferraille indien pour la somme de 17,9 millions de dollars, soit environ 11,2 milliards de Fcfa. Selon Bloomberg, rapportant les informations d’un rapport de BRS Shipbrokers et du ferrailleurs Wirana Shipping Corporation, il s’agit de l’Amor, un géant pétrolier âgé de 24 ans, soupçonné de participer à la flotte fantôme et qui avait déjà été inclus par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) dans une liste des pétroliers impliqués dans le transport illégal de brut iranien en octobre 2024, mais n’avait pas été mis sur liste noire par les autorités américaines. L’opération, effectuée à fin décembre dernier par un armateur dont l’identité n’a pas révélée, prévoit une mise au rebut (démolition) du navire. « Le navire battant pavillon camerounais aurait été vendu pour environ 440 dollars par tonneau kilométrique, ce qui rapporte à l’armateur environ 17,9 millions de dollars », peut-on lire.
La vente de ce navire par un armateur dont l’identité n’a pas été révélé, prévoit une mise au rebut (démolition). D’après la même source, les raisons exactes de la décision de vendre ce Very Large Crude Carrier (VLCC), soit en français « très grand pétrolier transporteur de brut », d’une capacité de chargement de 298 600 tpl (Port en lourd), en vue de sa démolition restent floues. « L’Amor, souligne Bloomberg, est devenu le premier superpétrolier à être immatriculé pour la démolition depuis plus de deux ans, un signe que la surveillance accrue des navires transportant du brut sanctionné augmente la pression sur les opérateurs ». Il succède ainsi à l’Uranus de 299 000 tpl qui a été remis à des démolisseurs au Bangladesh en août 2022, après que ce dernier avait été signalé pour avoir changé de drapeau et utilisé pour le commerce illicite de pétrole iranien en plus du transport de pétrole du Venezuela.
Implication du Cameroun
Pour mémoire, cela fait plusieurs années que le Cameroun est accusé par l’Organisation Maritime Internationale (OMI) de transporter du pétrole russe en violation des sanctions internationales. Or ils sont plus de 200, les navires immatriculés au Cameroun qui battent actuellement pavillon sur les eaux internationales. Ces immatriculations sont attribuées par quatre officiers d’immatriculation des navires identifiés au Cameroun (Douala, Limbe, Kribi et Garoua), dont les activités doivent être étroitement surveillées pour prévenir la corruption et les pratiques illégales.





