Le Gabon vient de prendre la présidence du Mémorandum d’entente d’Abuja (MoU Abuja), le mécanisme régional chargé du « contrôle des navires par l’État du port » en Afrique de l’Ouest et du Centre. La décision a été prise à l’issue de la 6e Conférence ministérielle organisée du 21 au 25 septembre 2026 à Libreville, en présence des représentants des 22 États membres dont le Cameroun, la Guinée Equatoriale, la Côte d’Ivoire, l’Afrique d Sud et le Ghana. Libreville est désormais au sommet d’un cadre de coopération créé sous l’égide de l’Organisation maritime internationale (OMI) et destiné à « harmoniser les procédures et pratiques de contrôle, lutter contre l’exploitation de navires ne répondant pas aux normes internationales et renforcer la sécurité maritime, la protection du milieu marin et les conditions de vie et de travail des gens de mer ».
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Cette élection permet au Gabon de succéder à la Gambie à ce poste. Pour un mandat de deux ans à compter de 2027, le Gabon aura la responsabilité d’accompagner la mise en œuvre des orientations arrêtées par les États membres et de contribuer au suivi des décisions prises à Libreville. À l’issue de ces travaux justement, plusieurs priorités ont été retenues, notamment le renforcement des capacités des administrations maritimes, la formation et la professionnalisation des inspecteurs, l’harmonisation des contrôles, l’amélioration des systèmes d’information et de la gouvernance des données, le renforcement de la coopération régionale et internationale, ainsi que la protection du milieu marin, la décarbonation et la cybersécurité maritimes.
La présidence gabonaise intervient alors que le contrôle des navires constitue un enjeu direct de sécurité, d’environnement et de compétitivité portuaire. En 2025, les administrations membres ayant transmis leurs données au système du MoU Abuja ont déclaré 3 948 inspections, ayant relevé 1 571 déficiences, contre 1254 en 2024, traduisant « une augmentation globale des anomalies constatées » lors des inspections. Selon le bilan de l’exercice, 24 navires ont fait l'objet de mesures de détention, soit une augmentation de 20 % par rapport aux 20 détentions enregistrées en 2024. Les déficiences les plus fréquemment observées sont celles liées aux conditions de vie et de travail pour 196 cas (12,5 %), et à la certification des navires pour 159 cas (10,1 %). Ce qui représente une menace considérable au potentiel maritime de la sous-région, alors que près de 90 % des échanges commerciaux du continent transitent par voie maritime.
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Pour les deux prochaines années, Libreville devra donc se frotter à de nombreux défis tels que la décarbonation du transport maritime, la promotion des ports verts, la cybersécurité, le vieillissement des flottes, la lutte contre les navires sous normes, la protection du milieu marin et l’amélioration des conditions de vie et de travail des « gens de mer ». Ces orientations s’inscrivent dans les priorités stratégiques du MoU Abuja à l’horizon 2030, avec pour objectif de faire du contrôle des navires par l’État du port, un instrument de plus en plus utile à la sécurité de la navigation en Afrique de l’Ouest et du Centre.










