La finalisation de l’opération COPPE, lancée en 2018 pour assainir le fichier solde de l’État, n’interviendra finalement pas en 2025, contrairement à l’instruction initiale du président Paul Biya. Dans sa récente circulaire relative à la préparation du budget 2026, le chef de l’État a plutôt inscrit l’achèvement de cette opération parmi les priorités de l’année à venir. L’objectif affiché : procéder à la « sortie définitive du fichier solde de tous les agents publics définitivement reconnus absents et suspendus ».
Avant d’entamer la phase contentieuse et disciplinaire, le gouvernement avait engagé une phase précontentieuse consistant à recenser physiquement les agents publics sur toute l’étendue du territoire national. Ce travail de fond a permis, en février 2019, la suspension de solde de 15 254 agents, dont 12 546 encore en activité, sur les 310 000 dossiers examinés.
Un audit conduit en 2020 a permis à l’État de recouvrer 14,5 milliards FCFA auprès des établissements de crédit. Cette somme correspond aux économies réalisées sur les salaires de 3 360 agents rayés à l’issue de l’opération. D’après le ministre des Finances Louis Paul Motaze, l’ensemble de l’opération COPPE a généré une économie budgétaire de 30,6 milliards FCFA entre 2019 et 2024. Le nombre d’agents publics radiés du fichier solde continue de progresser. En mars 2025, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, Joseph Lé, faisait état de 4 999 agents déjà rayés ou licenciés de la Fonction publique.
Aigles : deux modules toujours attendus
Par ailleurs, la mise en service de l’Application informatique de Gestion logistique des effectifs de l’État et de la Solde (Aigles) devra également se poursuivre en 2026, selon les instructions présidentielles. Pourtant, lors de la session ordinaire de mars à l’Assemblée nationale, le Minfopra avait assuré que les deux modules restants de l’application, relatifs à la biométrie et à l’archivage électronique, seraient opérationnels dès juillet 2025. Mais ce calendrier semble compromis. Lors d’un point de presse tenu à Douala le 10 juin, Joseph Lé a reconnu que le déploiement effectif de ces modules dans toutes les administrations nécessitera la mobilisation de ressources supplémentaires.
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S’il est vrai que l’assainissement du fichier solde et personnels de l'État à travers la radiation des agents publics reconnus démissionnaires ou absents de leurs postes de travail, va se poursuivre, la Fonction publique camerounaise reste confrontée au défi de maîtrise des effectifs. Pour inverser la tendance, le chef de l’Etat préconise entre autres : la gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences. Il s’agira également au cours de l'exercice 2026, de maîtriser les recrutements, les effectifs, ainsi que la mobilité des personnels au sein des administrations et d’assainir les allocations familiales payées aux agents publics et aux pensionnés.
Pour rappel, la masse salariale du Cameroun a franchi la barre de 1 522,8 milliards FCFA en 2024, selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2026-2028. Ce montant dépasse 32,3 milliards FCFA l’objectif initial fixé à 1 490,5 milliards FCFA (+12,2 %). Avec cette augmentation, les salaires des fonctionnaires ont absorbé au total 38,6 % des recettes fiscales annuelles, bien au-dessus du plafond de 35 % recommandé dans la zone CEMAC.
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