A fin 2024, près de 40% des banques opérant dans la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ne respectaient pas l’ensemble des exigences prudentielles imposées par le régulateur. Révélation faite par le Fonds Monétaire International (FMI) dans son récent rapport sur l’« économie centrafricaine et la Communauté monétaire (CEMAC) ». Seulement « 60 % des banques disposaient de fonds propres suffisants pour se conformer à toutes les exigences prudentielles à fin 2024 », note l’institution de Bretton Woods. Une proportion inquiétante, qui révèle que près de 4 banques sur 10 demeurent en situation de non-conformité, malgré les efforts de recapitalisation engagés dans la région.
Ces exigences prudentielles, édictées par la Commission Bancaire d’Afrique centrale (COBAC) couvrent à la fois la solvabilité et la liquidité des établissements de crédit. Parmi elles, le ratio de couverture des risques qui impose un niveau minimal de fonds propres équivalant à 8% des concours octroyés, y compris aux Etats. Et aussi, le ratio de division des risques qui interdit aux établissements de crédit de s’engager en faveur d’un seul client pour un niveau de risque équivalent à 25% des fonds propres, tandis que le ratio de concentration des risques plafonne l’exposition totale aux grands clients à 800%. D’autres exigences incluent la couverture des immobilisations par les ressources permanentes (100%), la limitation des prises de participation dans une entreprise (15% ou 45% selon le cas), ainsi que les concours aux parties apparentées, également plafonnés à 15%.
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Sur le plan de la liquidité, les établissements doivent justifier d’un ratio de liquidité à court terme d’au moins 100 %, afin de couvrir la totalité de leurs dettes à un mois avec des ressources immédiatement disponibles. Le ratio de transformation à long terme, fixé à 50 %, oblige quant à lui les banques à financer leurs engagements à plus de cinq ans avec au moins la moitié de ressources de même durée. Le FMI indique que, malgré un ratio agrégé de 176,4 % pour la liquidité à court terme fin 2023, plusieurs établissements demeurent en dessous du seuil réglementaire.
Le ratio d’adéquation des fonds propres, qui mesure la solidité globale du système, étant passé de 14,6% à 11,8% entre 2022 et 2023. Ce recul s’accompagne d’un niveau élevé de créances douteuses, évalué à 15,7 % à fin 2023, en lien notamment avec les arriérés de paiement du secteur public. Le FMI note cependant que la recapitalisation engagée dans certains établissements a permis une amélioration partielle des indicateurs en 2024, sans pour autant ramener l’ensemble du secteur à la conformité.

