Du 1er au 3 juillet 2026, la ville d'Ebolowa dans la région du Sud Cameroun a abrité des ateliers de validation méthodologique de la campagne d'actualisation de l'Inventaire forestier national multi-ressources. Cette démarche s'inscrit dans la volonté de l'État de mieux évaluer les ressources ligneuses et non ligneuses pour une exploitation durable et d'assurer une gestion rationnelle et une meilleure traçabilité des essences.
Il faut dire que la politique forestière du Cameroun reposait jusqu'ici sur des statistiques caduques. Le dernier inventaire de référence remonte à la période 2003-2004. Réalisé avec l'appui technique de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), ce premier diagnostic ciblait 22 millions d'hectares de forêts, soit 46% du territoire national, sur la base de 235 unités d'échantillonnage.
Pour cette nouvelle opération, le Cameroun mise sur l'intégration d'innovations technologiques et de nouvelles techniques d'échantillonnage. Au-delà du simple cubage des essences commerciales disponibles et des volumes exploitables par les industriels, le futur inventaire va intégrer des variables purement macro-écologiques. Il s'agira notamment de mesurer l'état de conservation des écosystèmes et d'évaluer les stocks de carbone séquestrés par le massif forestier camerounais. Cette réforme intervient au moment où l'État intensifie la lutte contre l'exploitation forestière illégale. En avril 2026, un arrêté du Minfof a durci le cadre réglementaire en étendant de 76 à 91 le nombre d'essences de bois brut interdites d'exportation. L’enjeu pour le pays est de lutter contre les pertes des recettes fiscales liées à l’exploitation illégale de bois.
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Selon le rapport intitulé « Secrets Financiers des Forêts : Comment le secret financier alimente la déforestation au Brésil et au Cameroun », rapport rendu public le 26 mai dernier, les pertes financières au Cameroun liées au secteur forestier s’élèvent à 289 millions de dollars par an, soit 165 milliards FCFA.
L'urgence de cette réforme se reflète également dans les indicateurs économiques du pays. Selon le ministère des Finances, les exportations de la filière bois ont chuté de près de 17 % au premier semestre 2025, s'établissant à 100,3 milliards de FCFA. Une contre-performance attribuée à un choc de production, de la demande et de la hausse des coûts logistiques.
Par Inès Marie Nga (Stagiaire)

