Prévu le 18 juillet prochain à Yaoundé, le sommet conjoint entre la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), convoqué par le président camerounais Paul Biya, a été reporté sine die, a appris EcoMatin de source bien informée. Aucune explication officielle n’a pour l’heure été donnée, et le gouvernement camerounais reste silencieux sur les raisons de ce report.
Ce sommet, présenté comme une étape décisive dans le processus de rationalisation des communautés économiques régionales (CER), visait à entériner la création d’une nouvelle communauté régionale unifiée pour l’Afrique centrale. Selon le comité de pilotage de ce chantier, il s’agissait de « faire émerger une seule CER à travers un cadre institutionnel et juridique commun ».
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Parmi les points inscrits à l’ordre du jour figuraient : la dénomination de la future communauté, la répartition des sièges de ses institutions, l’adoption du traité constitutif et de plusieurs conventions régissant le Parlement communautaire, la Cour de justice et des droits de l’Homme, la Cour des comptes communautaire, ainsi que les autorités monétaire, bancaire et des marchés publics. Le plan de transition entre les anciennes structures (CEMAC et CEEAC) et la nouvelle entité, ainsi que l'autonomisation des écoles communautaires comme l’ISSEA (Cameroun), l’ERFMNI (RDC), l’ISTA (Gabon) ou encore le CIESPAC (Congo) devaient également être validés.
Pour mémoire, l’idée de fusionner les deux CER remonte au 13e sommet de la CEEAC à Brazzaville en 2007. En 2009, un projet de rationalisation est formellement adopté à Kinshasa. Ce processus, inscrit dans les dynamiques de convergence promues par le Traité d’Abuja (1991) et l’Acte constitutif de l’Union africaine (2002), vise à remédier à la faible intégration économique en Afrique centrale et à harmoniser les politiques commerciales, douanières et monétaires.
Des avancées significatives ont été rapportées ces dernières années : fusion des zones de libre-échange CEMAC–CEEAC, élaboration d’un tarif extérieur commun, adoption d’un code des douanes unifié, etc. En juin 2024, le comité de pilotage affirmait que le processus était achevé à 55,31 %.
Ce report inattendu du sommet de Yaoundé jette donc une ombre sur l’avenir de ce chantier stratégique, alors même que plusieurs dirigeants de la sous-région avaient affiché leur volonté politique d’aboutir à une intégration régionale renforcée. Le calendrier de mise en œuvre reste désormais suspendu à une nouvelle convocation dont la date n’est pas encore connue.
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