Le 17 septembre 2025 à Libreville, le Gabon et la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) ont signé un accord de financement d'un montant de 3 milliards de dollars, soit environ 1 800 milliards de FCFA. De source officielle, cette convention signée côté gabonais par Henri-Claude Oyima, le ministre en charge de l'Économie, « permettra d’accélérer les investissements utiles et durables pour matérialiser le projet de société de Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République ». Les contours du deal n’ont pas été précisés.
Le projet de société du président Brice Clotaire Oligui Nguema, s'articule autour de 15 engagements majeurs visant à transformer le Gabon avec "ambition, audace et pragmatisme". Le récent financement d’Afreximbank pourrait donc servir à concrétiser plusieurs de ces promesses clés. Dans le secteur de l’eau et électricité, Oligui Nguema a promis de scinder la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG) en deux entités distinctes afin d'accroître leur efficacité. Les besoins financiers pour résoudre les problèmes du secteur sont estimés à 1 000 milliards FCFA sur les cinq prochaines années dont 300 milliards FCFA nécessaires pour l'année 2025 (131 milliards pour l'eau et 170 milliards pour l'électricité).
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En plus, dans le but de créer 20 000 emplois pour les jeunes, le gouvernement entend mettre en place un fonds de 20 milliards FCFA dédié aux micro-crédits pour l'entrepreneuriat. En agriculture, la priorité est de garantir l'autosuffisance alimentaire en octroyant aux agriculteurs des crédits à taux préférentiels. Le financement d'Afreximbank pourrait également soutenir la réalisation de projets dans d'autres domaines essentiels du projet de société du président gabonais élu à l'issue du scrutin du 12 avril 2025, notamment les infrastructures routières, sanitaires et éducatives, ainsi que l'accès aux logements et la digitalisation des services.
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Notons que le crédit d’Afreximbank intervient à un moment crucial pour le Gabon, qui fait face à un important déficit de financement pour la mise en œuvre de son Plan national de développement (PND). En effet, Le PND, d'un coût total estimé à 4 536,2 milliards de FCFA sur la période 2024-2026, soit 1 512 milliards par an, devait être financé par une combinaison de ressources propres (45,1 %), de financements extérieurs (28,1 %) et de partenariats public-privé (26,4 %). Cependant, selon le récent ’’Rapport pays ‘’ de la Banque africaine de développement (BAD), « seulement 34,67% de ces ressources étaient mobilisés en 2024 pour un déficit de financement de 65,33%, soit 2 963 milliards de francs CFA (environ 987 milliards par an). Cet écart de financement annuel représente 34% des recettes budgétaires de l’État hors dons estimées en 2024 ».
Pour combler le gap, l’institution bancaire africaine préconise au Gabon, de renforcer ses efforts de mobilisation des ressources intérieures (recettes publiques et épargne), de rationalisation des dépenses, et de valorisation de son immense capital naturel.

