Au Gabon, le gouvernement a annoncé jeudi 4 septembre un plan de nationalisation de 900 emplois dans l’industrie pétrolière aval, notamment dans le transport et la distribution des produits pétroliers. Le ministre du Pétrole et du Gaz, Sosthène Nguema, a précisé lors d’une rencontre avec les acteurs du secteur que cette mesure, inscrite dans une logique de « préférence nationale », vise à réduire le chômage et à améliorer le quotidien des Gabonais. « Lorsque la décision a été prise, toutes les études ont été menées et nous avons compris que cela peut améliorer le quotidien et diminuer le chômage au niveau du Gabon », a expliqué le ministre. « Nous sommes à peu près dans les 900 postes qui vont se libérer, qu’il s’agisse des stations-service ou des chauffeurs de camions-citernes. Donc, 900 emplois qui vont revenir aux Gabonais », a-t-il détaillé.
Cette orientation s’inscrit dans une volonté politique affirmée de réserver certains métiers aux nationaux. Le ministre a insisté sur la philosophie du projet : « Je répète et je le redis, ce n’est pas de la xénophobie, c’est la préférence nationale. Un pays qui se veut souverain doit d’abord pratiquer la préférence nationale. Nous sommes dans le droit fil du projet de société du chef de l’État. » Dans le même esprit, des entreprises locales comme Pétro Gabon avaient déjà engagé une politique d’emploi tournée vers les Gabonais. Son PDG, Jean-Baptiste Bikalou, a salué la mesure gouvernementale en déclarant : « Nous devons contribuer à la résolution du chômage, notamment celui des jeunes. », rapporte les médias locaux.
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L’annonce intervient alors que le gouvernement a récemment étendu cette logique de « gabonisation » à d’autres secteurs. Le 12 août dernier, le Conseil des ministres, présidé par Brice Clotaire Oligui Nguema, a interdit aux étrangers d’exercer plusieurs activités de l’économie informelle, parmi lesquelles le commerce de proximité, la coiffure et l’esthétique de rue, la réparation de téléphones, l’orpaillage artisanal ou encore les services d’envoi d’argent non agréés.
Pour l’exécutif, ces mesures doivent permettre de réduire le chômage, d’augmenter les recettes fiscales et de redonner aux jeunes Gabonais des perspectives d’intégration économique. Mais elles ont déjà suscité des tensions, notamment avec certains pays voisins comme le Bénin, qui a exprimé ses préoccupations quant au sort de ses ressortissants actifs dans le commerce de rue au Gabon. Des incidents avaient d’ailleurs éclaté en août lors de l’ouverture du marché d’Isaac à Lambaréné, où des commerçants locaux avaient dénoncé la prédominance d’opérateurs étrangers dans les étals. Avec une population estimée à 2,5 millions d’habitants, le Gabon entend faire de la préférence nationale un levier central de sa politique économique.
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