La compagnie aérienne gabonaise Afrijet FlyGabon a annoncé, ce mardi 27 mai, la suspension de l'application de la hausse de la taxe de sûreté (dite « WZ ») sur les billets qu'elle commercialise directement. Selon le communiqué de la compagnie nationale, cette décision, prise dans l'intérêt des passagers, repousse l'entrée en vigueur de cette augmentation, initialement prévue pour le 1er juin prochain, au 1er octobre 2025, soit un renvoi de cinq mois. « Face à cette situation (…) la compagnie nationale décide de suspendre pour la période estivale la mise en œuvre de la hausse de la taxe WZ sur les billets », a déclaré Afrijet FlyGabon. La mesure concerne les vols au départ des aéroports de Libreville, Franceville, Port-Gentil et Oyem.
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Cette suspension intervient en réaction à la récente décision du gouvernement gabonais d'augmenter de 133% la taxe de sûreté (WZ), propulsant ainsi la part des taxes passagers à des niveaux sans précédent dans le prix des billets. En détail, cette taxe devrait passer de 3 000 à 7 000 FCFA pour les vols intérieurs (+133%), de 7 000 à 18 000 FCFA pour les vols régionaux (+157%), et de 10 000 à 23 000 FCFA pour les vols internationaux (+130%). Pour Afrijet, une telle hausse menace l'attractivité des aéroports gabonais, déjà connus pour être parmi les plus chers de la sous-région Afrique centrale. En suspendant l'application de cette taxe, Afrijet/Flygabon affirme s'exposer financièrement en assumant ces surcoûts, mais revendique une « décision courageuse » destinée à maintenir des tarifs attractifs et à soutenir le pouvoir d'achat des voyageurs. La compagnie appelle par ailleurs à une « véritable réflexion sur le financement du transport aérien » et à une utilisation transparente des fonds prélevés.
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Il faut noter que cette nouvelle taxe s'ajoute à d'autres prélèvements récents. On compte notamment la taxe de sécurité (dite « N7 »), créée seulement 12 mois auparavant au profit de l'Agence Nationale de l'Aviation Civile (A.N.A.C). S'y ajoute également la taxe d'infrastructure GSEZ (dite « R4 »), validée en décembre 2022 pour la construction d'une nouvelle aérogare à Libreville, un projet qui n'a pas réellement débuté deux ans et demi plus tard. Cette inflation de taxes interroge d'ailleurs dans un contexte où l'État a réalisé des efforts sans précédent en matière de subvention, tant aux aéroports qu'aux agences publiques.
Rappelons que dans sa desserte domestique, Afrijet/Flygabon revendique le transport de 300 000 passagers en 2024 au Gabon (+12% par rapport à 2023).
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