L’Agence de régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) du Gabon vient de publier les rapports trimestriels de l’observatoire du secteur de la téléphonie mobile pour le compte de l’année 2025 écoulée. De janvier à septembre 2025, Airtel Gabon, filiale de l’opérateur indien Bharti Airtel, a enregistré un chiffre d’affaires de 95,48 milliards FCFA, soit 67,77 milliards pour le segment mobile et 27,71 milliards pour Internet. Le parc d’abonnés de la société a également progressé de près de 6% pour s’établir à 1,59 million d’abonnés mobile et 974 806 abonnés internet.
Bien que lesdits revenus correspondent à une hausse marginale (+1,5%) par rapport aux 94,13 milliards Fcfa enregistré à la même période un an plus tôt, ils marquent une nette reprise après une année 2024 décroissante. En effet, c’est en 2024 qu’Airtel a enregistré sa 1ère contreperformance en une décennie, perdant ainsi son leadership sur le marché gabonais des télécoms au profit de Gabon Telecom (Moov), filiale du groupe Maroc Telecom.
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Si le Régulateur ne justifie pas cette progression, celle-ci peut être adossée aux multiples investissements annoncés par le groupe pour renforcer ses activités dans les pays d’Afrique, dont un plan de 130 millions USD pour améliorer la qualité de son réseau et étendre sa couverture au Tchad et au Gabon. Ces fonds, consentis dans le cadre du programme d’investissement 2024/2025 (prévu à 750 millions USD pour l’ensemble des 14 marchés africains où il est présent) du groupe, étaient repartis ainsi qu’il suit : 90 millions USD pour moderniser son infrastructure et renforcer la qualité de service au Tchad et 40 millions USD pour renouveler ses installations et étendre son réseau mobile et 4G au Gabon. Ce fond a permis le lancement du projet de déploiement de 208 km de fibre optique entre Libreville et Port-Gentil.
Perte de parts de marché
Toutefois, malgré une augmentation de ses revenus et un nette progression de son taux de couverture, la filiale gabonaise de l’opérateur indien continue de perdre pied face à Moov. Avec tout juste 36,7% de parts de marché en termes de chiffre d’affaires, loin de Moov qui a généré 164,18 milliards FCFA (62%). Le reste du marché est partagé entre Groupe Vivendi Africa (CanalBox) et GBM.
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Malgré une baisse de 6% de son chiffre d’affaires en glissement annuel, Moov tire profit de l’avance prise sur Airtel un an plus tôt mais également de son contrôle sur le segment du fixe qui représente 30% de son chiffre d’affaires en 2025. Ce segment ne saurait être une chasse gardée pour longtemps encore, étant donné qu’Airtel a obtenu, en janvier 2025, une licence pour établir et exploiter un réseau fixe de façon indépendante. Une entrée sur un marché jusqu’ici restreint, qui permettra à la société de d’étendre sa couverture et capter davantage de revenus et rivaliser.
Dans l’ensemble, le marché gabonais des télécommunications affiche un léger repli de 3,8%, plombé principalement par une contreperformance du service mobile (-7,2%), amortie par la hausse des revenus du service internet (+13,9%). Le trafic SMS a également ralentit de 22% à 428 millions de SMS échangés tandis que le trafic voix a augmenté de 5,8% à 2,3 milliards de minutes. De son côté, le service internet a enregistré une pénétration en hausse de 3,87% entre janvier et septembre 2025 avec 69 178 nouveaux abonnements et un débit moyen de 456 Mbit/s, le haut débit étant de plus en plus sollicité selon l’ARCEP.
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