L’Etat gabonais projette de contracter un emprunt de 98,3 milliards de FCFA auprès de l’établissement financier américain Cargill Financial Services International. Le projet d’ordonnance autorisant l’Etat à contracter cet emprunt a été entériné le 22 janvier à l’issue d’un conseil ministériel tenu à Libreville, la capitale du pays. « Le produit de cet emprunt est destiné au financement du Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC) », apprend-on.
Le PUDC –futur bénéficiaire des financements- est piloté par le ministère de la Planification et de la Prospective en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud). Il a pour objectif principal d’adresser les besoins des populations en matière d'infrastructures: routes, santé, eau, électricité, activités génératrices de revenus. En somme, il s'agit de répondre efficacement aux attentes et besoins des populations rurales. A cela s’ajoute aussi une composante de lutte contre le chômage.
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Le financement recherché pour ce projet communautaire traduit la volonté du gouvernement conduit par Brice Clotaire Oligui Nguema, d’offrir un meilleur cadre de vie aux gabonais et réduire les disparités entre les habitants des zones urbaines et rurales. Le Premier ministre de la transition, Raymond Ndong Sima, l’a d’ailleurs souligné le 16 avril 2024 lors du lancement de projet. En abordant la question capitale de l'adaptation du Gabon aux défis actuels et futurs, le patron du gouvernement de la Transition a fait preuve de franchise. Il a cité les chiffres alarmants de la Banque mondiale, révélant qu'environ 33 % de la population gabonaise vit en dessous du seuil de pauvreté.
Mobilisation difficile de financement
Deux étapes majeures restent encore à franchir pour que le PUDC rentre en total possession des fonds requis pour son financement. Il s’agit de la signature proprement dite de cette ordonnance de prêt par le Président de la République. Ensuite la phase de décaissement des fonds sollicités, si les conditionnalités de Cargill sont réunies. Un financement de plus qui viendra alourdit la dette du pays dont l’encours est ressorti à 7 081 milliards de Fcfa à fin 2023 d’après le rapport sur l’«Exécution de la dette publique à moyen et long terme en 2023 » du ministère de l’Economie et des Participations publié en 2024. Ce qui a situé à 58,4% le niveau d'endettement du pays aux 54% du PIB initialement prévus par ce pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) en 2023.
Plus encore, le financement sollicité par le Gabon intervient dans un contexte tendu des finances publiques du pays. Ce qui a un impact sur la réalisation des projets de développement surtout ceux financés par les partenaires au développement. Pour confirmer ceci, l’on se souvient que le 10 janvier dernier la Banque mondiale suspendait ses décaissements au profit de l’Etat à cause du non-remboursement d’une dette de 10 milliards de Fcfa. L’institution de Bretton Woods a été suivie dans cette lance par la Banque africaine de développement. A cela il faudrait aouter la suspension du programme avec le Fonds monétaire international 2023 et qui n’a toujours pas repris.
Il n’est pas exclu que cette l’annonce du financement du PUDC soit déjà une stratégie de campagne électorale mise en place par le général Nguema. En effet c’est toujours durant ce même conseil des ministres qu’il a été arrêté que le corps électoral sera convoqué le samedi 12 avril prochain pour voter le futur président du Gabon. Si jusqu’à date l’actuel occupant du palais de bord de mer ne s’est pas encore prononcé sur sa participation au scrutin présidentiel, la population elle a commencé le plébiscité.

