La convention minière pour l’exploitation du gisement de fer de Baniaka, estimé à 2 milliards de tonnes de minerais à 65% de teneur, au Sud du Gabon, signée le 20 mars dernier entre le gouvernement gabonais et l’entreprise australienne Genmin, ouvre de nouvelles perspectives pour le développement de l'industrie extractive gabonaise. Au-delà de l'extraction de minerai, le Gabon affiche une ambition forte de transformer localement une part significative de la production annuelle de Baniaka, estimée à 10 millions de tonnes de fer par an, créer de nombreux emplois afin de réduire le chômage et d'améliorer les conditions de vie des populations riveraines.
Transformation locale
Concrètement, dans le cadre de cette convention, le gouvernement gabonais s'est fixé l’objectif de transformer sur place, entre 60 % et 70 % de la production de fer issue de ce gisement. Bien que les détails précis concernant les investissements nécessaires à la construction des unités de transformation et leurs capacités demeurent confidentiels, les autorités publiques affirment que cette initiative s'inscrit dans une vision de développement industriel local. « L'objectif est de créer une valeur ajoutée significative à partir du minerai extrait, ouvrant ainsi la voie à l'émergence de nouvelles industries au Gabon. Cette stratégie s’aligne sur notre volonté de diversifier l’économie nationale et de positionner le Gabon comme un acteur majeur dans le secteur de la transformation des ressources naturelles », a déclaré le ministère gabonais des Mines via ses plateformes digitales. D’autant plus que la transformation locale des substances minérales, bénéficie d'un régime fiscal et douanier incitatif, selon le code minier en vigueur.
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Parallèlement, l’opérateur australien Genmin a déjà engagé un investissement de 125 milliards de Fcfa pour la construction de la mine, avec une entrée en production prévue pour 2026. Ce projet se développe dans un contexte favorable, où le prix du minerai de fer sur le marché international a connu une augmentation de 3,29 USD par tonne métrique (MT) depuis le début de 2025, atteignant un prix de 102,42 USD/MT pour le minerai de fer 62%.
Impacts Socio-économiques
La convention minière de Baniaka offre la possibilité à l'Etat de racheter 25% de la mine dans 15 ans à sa valorisation actuelle, prévoit la construction d'un chemin de fer Baniaka-Benguia, et 10% de la production pour l'Etat.
De plus, cette convention prévoit la création de 700 emplois directs et 2 000 emplois indirects en vue de faire face au chômage et de contribuer à renforcer le tissu économique local. Le projet prévoit également, dans le cadre de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), la mise en place d’infrastructures essentielles dans les domaines de la santé, de l’éducation, des routes, de l’énergie et de l’eau. « Ces investissements contribueront à bâtir des communautés durables et à améliorer les conditions de vie des Gabonais, tout en favorisant l’accès aux services de base. », confie le gouvernement. En outre, ce projet vise à renforcer les finances publiques grâce aux taxes et impôts qui seront prélevés.
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Il faut noter que le Gabon, cherchant à diversifier son économie au-delà du pétrole et du manganèse, mise sur l'exploitation du fer de Baniaka, qui deviendra sa première mine de fer, dans un contexte de révision du code minier pour optimiser l'exploitation des ressources. Le secteur minier, représente actuellement près de 10 % du PIB et 10 % des exportations du pays, et emploie plus de 3 500 personnes. Malgré un ralentissement récent de la production de manganèse du français Eramet, le Gabon, riche en minerais tels que l'or, le niobium, l'uranium, le cuivre et le zinc, cherche à exploiter pleinement son potentiel minier pour stimuler son développement.

